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Après deux heures de thriller, le Kreek de délivrance

Un troisième gros service d’Ardo Kreek, un block d’Antoine Brizard, et une salle Charpy qui exulte. Paris respire. Paris verra la finale. Mais que ce fut dur, et beau !

Ligues Pro Victoire du Paris Volley

Crédit Photo : Fabienne Ponin


Le 2 mai 2015

 

Un troisième gros service d’Ardo Kreek, un block d’Antoine Brizard, et une salle Charpy qui exulte.  Paris respire. Paris verra la finale. Mais que ce fut dur, et beau !

Nikolov contre le collectif parisien

Quelques minutes plus tôt, Lyon prend l’avantage sur un ace d’un Vladimir Nikolov intraitable durant toute la rencontre. Le bondissant Mc Givern en remet une couche, et les Gones mènent la danse dans un tie-break sous haute tension. On se dit alors qu’il faudra un exploit aux hommes de la capitale pour parvenir à renverser la vapeur. D’autant que le passage au service de Gjorgiev, pourtant pas venu pour enfourner des pains aux chocolats, ne permet pas à Paris de revenir au score. 11-13. La cadence infernale lyonnaise continue, et les visiteurs s’offrent même une balle de contre-attaque, synonyme hypothétique de balle de match. Javier Gonzalez, jusque-là impeccable, va chercher Nikolov. Quoi de plus normal ? La salle parisienne retient son souffle, et Kovacevic choisit son moment pour fermer la boutique. Les carottes ne sont pas encore cuites, Paris a une raison d’espérer. Cette raison, c’est Ardo Kreek. Le central estonien, fervent défenseur de l’appel inversé,  se dirige alors vers le fond du terrain. Si beaucoup auraient tremblé à ce moment-là de la partie, rien ne transparaît sur le visage figé du central parisien. Le Mikasa strié jaune et bleu quitte sa main droite pour mieux la retrouver quelques secondes plus tard, après le droite-gauche-droite maison. Fallait-il avoir le slip bien rempli pour sortir pareil engagement à cet instant de la partie ? La réception lyonnaise tremble, l’attaque aussi. Paris recolle au score, et Ardo Kreek retourne au service. L’Estonien, impassible, ne craque pas, et décoche un nouveau service qui fait exploser la réception adverse. 14-13. Les mouches ont changé d’âne (pour citer une des expressions rugbystiques favorites de Pierre Salviac). Kreek s’offre une munition supplémentaire, que Brizard convertira sur un block quelques secondes plus tard. Paris s’en sort sur le fil, et verra sa promise. Certainement l’apanage des grandes équipes…

Sur un détail

Mais comment ne pas souligner la vaillance et l’engagement lyonnais dans cette rencontre. Car si l’on consulte les grandes phrases bateau du sport, on s’aperçoit que pour faire un grand match, il faut deux grandes équipes. Et deux grandes équipes nous avons eues ! D’un côté, des Lyonnais portés par un Vladimir Nikolov époustouflant (33 points 57%), à qui Nikola Gjorgiev a su brillamment donner la réplique (35 points, 62%). Guille Hernan a retrouvé ses mimines magiques qu’il avait oubliées lors du déplacement à Lyon et, dans un autre style, Javier Gonzalez a su intelligemment alterner le jeu entre centre et aile. Mais c’est pourtant lui qui signera un des tournants du match… cette balle de contre-attaque relayée à Nikolov à 11-13, un peu trop basse et un peu trop proche du câble. Pourquoi ne pas lui avoir levé une montagne, à deux mètres du filet ? Le Bulgare était en train de marcher sur l’eau, et aurait probablement converti ce ballon s’il avait été un peu plus loin des mains de Kovacevic. À 11-14, c’était une autre rencontre. Pourquoi non plus ne pas avoir insisté sur la pointe et distillé les dernières gonfles de la partie vers ce même Nikolov injouable hier soir ? On ne refera pas l’histoire, mais on soulignera le culot de Dorian Rougeyron, qui a laissé Antoine Brizard pour les derniers points du match. Une belle preuve de confiance, et ça fait mouche !

Notre coup de gueule

Il fallait bien que nous amenions notre petite touche terne à cette belle demi-finale. Car si les commentateurs de Ma Chaine Sport s’en sont aperçus au cours de la rencontre, nous avions bien remarqué, en début du match, l’absence totale de joueurs français sur le terrain. Les brèves apparitions de Brizard et Frangolacci côté parisien, et de Gatineau et Jouffroy côté lyonnais ayant quelque peu égayé notre soirée sur ce point. Il n’en reste pas moins, et Hubert Henno le soulignait récemment dans sa Vista d’Hubi #3, que nous aimerions voir des joueurs français se développer à ce niveau. D’autant que ce constat sera renouvelé lors de la finale, Jeff Exiga faisant cependant exception à la règle…

Quoi qu’il en soit, merci à ces deux équipes de nous avoir offert ce spectacle, cette intensité, ce suspense. C’est bien ce volley-ball là qu’on aime, c’est bien celui-ci qui nous fait vibrer. Les Parisiens ont maintenant rendez-vous dans une semaine, à la halle Carpentier (peut-être rejoints par une autre équipe parisienne ; réponse ce soir au Cannet !), pour défier une équipe de Tours, impressionnante dans sa demi-finale mercredi face à Cannes. Une rencontre remake des trois dernières finales du championnat qui s’annonce plus que bouillante. On prend les mêmes et on recommence ? Ne vous en faites pas, nous y reviendrons…



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