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Coupe au carré, plaisir quadruplé !

Quatre rencontres, des centaines d’échanges, des milliers de spectateurs et, on l’espère, quelques nouveaux licenciés.


Le 27 mars 2016

 

Début des hostilités à 12h45

Le premier match de cette journée de volley-ball va commencer dans un quart d’heure et vraisemblablement les spectateurs ne se sont pas donné le mot car la salle est presque vide ; même les joueuses de Mougins ne se sont déplacées qu’à huit. Ce sont d’ailleurs les Quimpéroises qui s’emparent de la première manche avec autorité 25-17 alors que les Mouginoises ont besoin d’un temps d’adaptation dans cette salle de gala. Les Bretonnes enchaînent 5-1 dans le deuxième set avant de se faire rattraper 7-7. Le niveau de jeu est monté d’un cran des deux côtés et les sudistes, grâce à une belle relation passeuse-centrale notamment, signent un succès 25-22 dans le deuxième set : 1-1. C’est alors au tour des Azuréennes de partir tambour battant (6-1). Fouchet effectue plusieurs changements : passeuse, pointue, ailière. C’est même au profit d’un coup de bluff que Quimper revient à 22-22 : Thaïs Daden, entrée en qualité de réceptionneuse-attaquante qui n’attaque pas, est laissée sur les postes avant par son entraîneur, ce qui a failli porter ses fruits mais trois fautes de service dans le money time ont eu raison d’elles : 27-25 Mougins.

Un 5-1 « à la russe »

Le début du quatrième set est serré avec un léger avantage pour les Azuréennes qui sont bien en place bloc-def. De plus, la puissance de Leslie Figere est décisive en fin de point quand Quimper peine à conclure les siens. Margot Le Moigne s’en remet donc presque exclusivement à sa pointue slovaque et cela fonctionne un temps (12-10 Quimper). Kelly Oublié fait aussi parler son énergie tant sportivement que collectivement. La manche s’équilibre à 16 partout avant que Mougins ne prenne trois points d’avance toujours grâce à son système bloc-def efficace et à un schéma inédit : 5-1 « à la russe » (cinq libéros/passeuses et une attaquante, Figere). Les Bretonnes, menées de trois points en fin de set, reviennent finalement à une longueur grâce à une bonne qualité de service. Puis Roxane Hasseni sauve une deuxième balle de match d’un bloc ravageur et donne une balle de set à Quimper en fixation. La manche revient finalement aux Bretonnes après une deuxième erreur d’attaque de Martinez en autant de ballons. Quimper arrache le tie-break 26-24.

La manche décisive commence de manière équilibrée (5-5) avant que Mougins ne prenne trois point d’avance vu l’incapacité de Quimper à mettre le ballon par terre (8-5). L’entraîneur quimpérois effectue un double changement alors que Tari n’a pas fait entrer sa seule remplaçante du match, d’où la fatigue des sudistes sur le terrain. Une faute d’arbitrage à 8-6 permet aux Mouginoises de garder leurs trois points d’avance alors que les Quimpéroises auraient dû revenir à une longueur. Une magnifique défense de la libéro roumaine de Quimper, Pristavu, maintient son équipe dans le match, avant qu’une énième faute d’arbitrage en défaveur des Bretonnes ne les condamne : 15-12.

Mougins bat Quimper 17-25, 25-22, 27-25, 24-26, 15-12.

Le show Todorovic

Il est de ces joueurs qui donnent le sourire tant il joue. Qu’il soit bon (21 sur 28 à l’attaque) ou moins bon (on cherche toujours), il est toujours dans l’innovation, dans l’enthousiasme et dans l’éclat. Un régal pour le public de Coubertin qui se garnit peu à peu. Variations au service, coups de bluff au bloc, feuilles mortes à l’attaque, feinte nonchalance en réception, agressivité dans tous les compartiments du jeu… Si ce joueur, au visage de mafieux et au cœur de guerrier paternel, avait eu quelques centimètres de plus, il aurait marché sur le volley-ball mondial à l’image d’un Zlatan au football. Aujourd’hui, il se contente de cette victoire en coupe de France qui ravit son entraîneur et tout le club d’Orange qui a connu tant de difficultés ces dernières années. L’équipe strasbourgeoise n’a pas démérité mais même Rennes et Ajaccio auraient pu être décontenancés par le génie de cet artiste.

Ivan Todorovic : « Je tiens à remercier tout particulièrement les personnes qui travaillent d’arrache-pied pour le club depuis des années ainsi que mes coéquipiers et le staff. Quand je suis sur le terrain, je prends du plaisir, j’aime ça ! Je pense qu’on va monter, ça va être difficile, mais on est bien partis. On savoure ce titre puis on se donne à fond sur six matches. »

Nenad Djordjevic (entraîneur d’Orange) : « Ce joueur est hors norme, c’est une perle. Il pourrait jouer dans les plus grands clubs européens. Je suis content pour tout le monde, ils viennent d’écrire leurs noms au palmarès, ce n’est pas rien quand on connaît la misère dans laquelle on était en septembre dernier. C’est une énorme satisfaction collective, je suis heureux pour tout le monde mais me projette sur le mois qu’il reste pour valider notre montée ; ça va être très dur. »

Orange bat Strasbourg 29-27, 25-16, 25-13.

Le Sud qui écrase tout sur son passage

Les supporters nantais avaient fait le déplacement en nombre dans la capitale mais cela n’a pas suffi à contrecarrer les plans d’une équipe habituée au succès : le RC Cannes. Malgré une saison moins idéale que les précédentes, les Cannoises ont encore glané un titre sans la manière mais un titre quand même, notamment grâce à sa capitaine Sanja Bursac présente pour faire les points quand les échanges durent. Avec la Cubaine Carrillo (18 points), c’est elle qui a eu les ballons décisifs. Les Nantaises se sont elles emparées de la deuxième manche à la faveur d’un démarrage en trombe (9-2), mais n’ont pas réellement pu lutter sur les autres même si elles y ont cru dans la dernière.

Cannes bat Nantes 25-17, 23-25, 25-17, 26-24.

Le bouquet final

Après une belle journée de volley, il fallait un match exceptionnel, et il a eu lieu. Les Rennais et les Ajacciens se sont livré une bataille sans merci rythmée par un public corse exalté et des supporters bretons en feu. Après des blocs autoritaires, des défenses de l’espace, des passes de génie, des acclamations éloquentes, des réceptions appliquées, des pointus décisifs et des arbitres à la hauteur, la décision ne pouvait se faire qu’au tie-break. Et c’est finalement… Ajaccio qui s’est imposé, au bout du suspense, dans un tie-break palpitant. Ajaccio et Cannes seront européens l’année prochaine. Ce parfum de coupe aura été exhalé dans les travées d’un Coubertin comble pour le plus grand bonheur des sportifs et des spectateurs. Le volley aura triomphé aujourd’hui en prouvant une fois de plus à quel point il peut être magnifique, fédérateur et à rebondissements.

Ajaccio bat Rennes 23-25, 25-15, 21-25, 25-19, 16-14.

 



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