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Coupes d’Europe : Ajaccio crée la surprise

C’était presque un France – Turquie en coupe d’Europe cette semaine, seul Toulouse affrontait une équipe allemande

Actu GFC Ajaccio Volley-ball

Victoire 3 sets à 2 du GFCA contre Izmir (Photo GFC Ajaccio)


Le 5 décembre 2014

La Ligue des Champions

Paris y était presque

Mercredi, 18h, gymnase d’Istanbul. Au bas mot, 12 spectateurs. Paris s’apprête à affronter l’équipe la plus abordable de sa « poule de la mort » , Fenerbahçe et son légendaire pointu serbe, Ivan Miljković. 35 ans, champion Olympique (2000), vice-champion du monde (98) et double champion d’Europe (2001, 2011), une machine à points de 2m06 qui ne fait pas trop rigoler.

Et Paris démarre fort, notamment sur le service/récep. Hernan peut varier le jeu à sa guise, et mettre ses attaquants sur orbite. On sent un Bojic des grands soirs ! Mais Fenerbahçe tient la route, et les 3 aces parisiens feront la différence dans la première manche (23-25). Même histoire dans la seconde, où le jeu s’équilibre. Bojic et Gjorgiev répondent à Miljković jusqu’à 23-23. Moment choisi par Dorian Rougeyron pour faire rentrer Antoine Brizard. Un bon service de Bahov, une grosse défense suivie d’une attaque de Bojic. 23-24. Bahov ne relâche pas la pression au service après le temps mort, et Brizard fait goûter ses mimines à Nikic, qui reprend le ballon sur le nez.

Tout commençait pour le mieux. Puis c’est le drame. Nous ne parvenons pas vraiment à expliquer ce qui s’est passé. La réception flanche un peu certes, mais pourquoi exploser comme ça ? Et sur 3 sets ! Paris a été en permanence au contact, pouvait à tout moment l’emporter, a même eu une balle de match sur son service, à 13-14 dans le tie-break, balle défendue et levée à Gjorgiev pour un énième block. Le mal était peut-être là, trop de fautes ou de contres dans ces moments importants. Pourtant Bojic (28 point), fidèle à son image de joueur de coupe d’Europe plutôt que de championnat, a vraiment envoyé du lourd dans cette rencontre, mais différemment de Miljkovic (29 points) qui a pesé dans les money-times. Le pointu parisien, lui, n’a pas été à la hauteur de l’événement contre une équipe de son ancien championnat, avec moins de 40% de réussite à l’attaque. Le match se termine sur 2 attaques dehors de Bojic (dont la dernière bonne, une des seules fautes d’arbitrage ce soir-là, dommage que ça tombe sur la fin) qui résument bien les trois derniers sets. 16-14. Paris s’incline et se consolera avec son premier point dans cette compétition.

Le club de la capitale squate toujours la dernière place du classement, et il sera même difficile d’aller chercher une place en CEV.

Tours sans conviction

Tours devait impérativement gagner pour rester dans la course à la qualification. Sur sa route, une équipe d’Ankara finaliste de la compétition l’an passé et quelques grands noms : le récent champion du monde Michal Kubiak (pas Larry), le cubain Juantorena et le bulgare Sokolov.

Konecny enfin titulaire, on se dit que Tours met toutes les chances de sont côté pour aller chercher la victoire. Mais Pinheiro l’oublie un peu dans le premier set, et Klinkenberg, Antonov ou Hoag ne sont pas à la fête, notamment en réception : 22-25. On se rend compte alors, dans la deuxième manche, que Tours a pourtant les armes pour rivaliser. La réception se stabilise un peu plus, on repasse par le centre, on oublie les fautes bêtes et Konecny marche sur l’eau : 26-24.

On commence à y croire. Mais Ankara remet la pression. Et une grosse pression. Principalement au service. Klinkenberg d’abord, puis Antonov, passeront une mauvaise soirée. Pas de suspense dans ces deux dernières manches où Tours semblait avoir lâché mentalement. Pourtant, Ankara était loin du niveau auquel on a pu voir évoluer cette équipe et il y avait la place. Mais le haut niveau se joue sur des détails, on ne cessera de le rappeler, et à ce jeu, les Turcs ont dominé. Peu de fautes et un niveau de jeu constant.

Vous l’aurez compris, défaite 3-1 et Tours est bon dernier de sa poule après la phase aller. La bonne nouvelle : Tours a retrouvé un Konecny à son niveau. La mauvaise : il pourrait à nouveau être absent pour quelques matches (adducteurs). Konecny fait-il toujours autant d’en-vieux ?

La coupe CEV

Toulouse déroule

Miroslav Gradinarov préféré à Thibault Rossard en pointe, et Nicolas Burel, blessé aux abdos, remplacé par Pipo Tuittoga. Les Spacer’s, pour ce 8ème-de-finale de coupe d’Europe aller, recevaient les Allemands de Bühl. Une équipe de « beaux bébés », bien physiques, et qui font peur à la chauffe. Heureusement pour beaucoup d’entre nous, le volley, ce n’est pas seulement mettre des chiches, pralines, parpaings ou autres sacoches en demie avant à l’échauffement. Certes, ça impressionne et fait vibrer le public, mais sur le point comptable, ça vaut autant qu’une roulette.

Sinon, Toulouse a outrageusement dominé le secteur service/récep, et dans notre sport, c’est là l’essentiel. Tout est alors plus facile, des Allemands enfermés par le block toulousain, sans trop de solutions, et Davide Saitta, dans un fauteuil, qui retrouve son talent, et distille comme on aime le voir. 3 sets à rien, propre et efficace, Toulouse prend une option pour la qualif en quart-de-finale.

Ajaccio face à l’ogre turc

Izmir. Actuel deuxième du championnat turc. Équipe entraînée par Glenn Hoag. Équipe de l’international français Kévin Tillie, du pointu canadien Gavin Schmitt et du Cubain Leonel Marshall (oui, oui, LE Leonel Marshall). Autant vous dire que personne ne donnait cher de la peau des Ajacciens, et la différence de budget était bien reflétée dans la côte des bookmakers.

Et pourtant…

Retransmission en direct sur France 3 Corse, un U Palatinu bondé, chauffé à blanc, des visages déterminés, un groupe solidaire et un statut d’outsider… tout était réuni pour l’exploit ! Alors que dire, sinon « merci » pour ce match énorme. Que dire sinon de féliciter cette équipe d’Ajaccio qui nous a régalé. On pourrait passer l’effectif en revue et dire que Florian Lacassie, préféré à Bratoev, a amené toute sa fougue et sa hargne, notamment en « pipe », que Julien Lavagne et Dustin Watten ont verrouillé la réception sans broncher, que Yoann Jaumel, auteur d’une seconde louche importantissime dans le troisième set, a mené tout ce beau monde à la baguette, que toute l’équipe d’Ajaccio, fidèle à ses valeurs, a défendu tout ce qui bougeait, et pour finir, que l’artilleur en chef, Jovi Simovski (30 points), a illuminé la rencontre de ses sachets, nous gratifiant même de quelques carottes. Bref, un grand jour pour les Corses. OK, il y a eu un gros trou d’air dans le 4ème set (14-25), mais qu’importe. Dans un tie-break au bout du suspense, après une balle de match interminable, les hommes de Frédéric Ferrandez s’imposent 3 sets à 2 et c’est la folie dans la salle.

Alors merci Messieurs ! Merci pour le spectacle et l’émotion. Rendez-vous en Turquie dans 2 semaines. Ce sera très difficile, mais vous nous avez montré que tout est possible !

GFCA- IZMIR par GFC Ajaccio VB



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