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Fanatics de Chaumont : au chœur des victoires

Monté en première division en septembre 2012, le Chaumont Volley-Ball 52 fait désormais partie intégrante du paysage de Ligue A masculine. Les bons résultats de l’équipe champardennaise sont le fruit d’un travail de plusieurs années, d’un recrutement en général judicieux et surtout du soutien inconditionnel de son club de supporters, les Fanatics. Nous avons voulu en savoir plus sur ces fans que l’on pourrait qualifier comme les plus chauds, voire les plus fous, de France


Le 17 janvier 2015

 

Le vacarme des caisses claires qui résonnent, les couleurs des étendards qui impressionnent, les Fanatics surexcités qui fanfaronnent… Bienvenue à Jean-Masson. L’antre de Chaumont. Le chaudron de la Ligue A. Reportage.

Ajaccio en camping-car

Le président des Fanatics, Bruno Jacquin, alias Jakouille, nous présente son club :

21 000 km dans l’année

« Actuellement nous sommes 60 membres, comme l’an dernier. En ce qui me concerne, je suis l’équipe du CVB depuis une vingtaine d’années (ils étaient alors en Ligue B) et fais office de président des Fanatics depuis 5 ans. Nous sommes une association inscrite en préfecture. Nous participons bien évidemment à tous les matches à domicile (nous aidons le club en tenant la buvette, en préparant des sandwiches, en installant des tribunes, etc.) ainsi qu’à l’extérieur quand les jours de matchs nous le permettent.

Cette année, nos supporters ont effectué quelques déplacements en bus ou par leurs propres moyens : Ajaccio en camping-car, Lyon en voiture, Tours en bus et voiture (80) et le prochain, Paris (ce soir, NDLR) une trentaine. Les deux dernières années en Ligue B, nous avions effectué 21 000 km car il y avait beaucoup plus de matches le samedi. Financièrement, le club du CVB ne nous aide pas puisque nous tenons la buvette toute l’année. Nous avons aussi l’argent des cotisations en début de saison (20 euros x 60 membres) qui apporte des remises sur les déplacements. Enfin, nous avons un accord de principe avec le club en fin de saison concernant les bénéfices. »

Jour de match

C’est Fofie, une supportrice, qui en parle le mieux :

Les Fanatics arrivent toujours très en avance, vers 19h, pour s’imprégner de l’ambiance

« Les matches à domicile se préparent en amont avec l’installation de la petite tribune dès l’après-midi du match : installation des petits drapeaux sur chaque siège, mise en place des grands drapeaux de nationalité de chacun des joueurs et positionnement du tifo et des instruments (grosses caisses de Stéphanie et Bruno). Puis confection des sandwiches qui seront vendus à la pause. Les Fanatics arrivent toujours très en avance, vers 19h, pour s’imprégner de l’ambiance, se retrouver entre eux et regarder les joueurs s’échauffer… la pression monte et tout le monde a alors hâte de voir le match débuter. Ils portent un tee-shirt à l’effigie des Fanas et, en général, une écharpe, un sifflet, etc. Chacun prend sa place habituelle à chaque match et les Fanatics se chargent de réserver leurs places à leurs camarades. Les Fanatics joueurs de djembés se positionnent en ligne et s’adaptent sur les grosses caisses. »

20h00 : c’est parti !

tifo« Ça y est, c’est le début du match : présentation des équipes, déroulement du tifo de bas en haut de la petite tribune avec un chant pendant l’entrée des joueurs sur le taraflex. Si un joueur de l’équipe adverse est un ancien joueur du CVB il est acclamé comme il se doit. En effet, celui qui a joué un jour au CVB reste dans le cœur de ses supporters. Puis ça s’emballe, les chants se déroulent en chœur, accompagnés des applaudissements. »

Bruno, un autre Fana :

« Moi, perso, mon chant préféré c’est Aux armes, aux armes, nous sommes les Chaumontais et nous allons gagner, allez Chaumont ! »

Rituels et ambiance

Nous tenons à être le plus fairplay possible avec les équipes adverses : pas d’insulte… même si nous adorons charrier.

« Durant les sets, lorsque Chaumont atteint le dernier point dans le money time, toute la petite tribune se lève. À la pause, des Fanas assurent la buvette et quittent donc leur place vers le 20ème point. À la fin du match, que le CVB soit gagnant ou perdant, les Fanas se positionnent au tout 1er rang de leur tribune pour que leurs favoris viennent les saluer en leur tapant dans la main. Parfois, les joueurs adverses font de même. Nous restons alors un peu dans la salle pour ranger toute la tribune, descendre, échanger avec les joueurs et continuer de profiter de l’ambiance inégalable (« Écoute la magie de Jean Masson »). Nous tenons à être le plus fairplay possible avec les équipes adverses : pas d’insulte… même si nous adorons charrier par moment les joueurs : sifflets quand ils servent, nous crions « dans le filet » au service raté ou « out » quand le service est dehors, « il est en colère » quand un joueur conteste auprès de l’arbitre. »

Des Fanatics fanatiques ?

Lorsque l’on demande aux supporters s’ils sont conscients qu’ils portent parfois trop bien leur nom, ils répondent en assumant pleinement leur part de folie.

Les FanaticsJakouille :

« Oui, y’a pas photo, d’ailleurs, tous les joueurs le disent. Ils doivent venir pour profiter d’une salle pleine qui vit pour le volley. Quand des supporters d’autres clubs viennent à Jean-Masson, nous les accueillons comme il se doit, avec une collation. Je me souviens notamment des Sétois, des Cambrésiens, des Avignonnais ou encore des Tourquennois. Ma vision personnelle sur les supporters de volley n’est pas du tout celle du footeux, mais malheureusement, il y a toujours un ou deux crétins qui vont être virulents. Je ne peux pas être derrière tout le monde, mais les vrais Fanas connaissent ma vision des choses. »

Patrice, alias Patruce :

« C’est la variété des chants et de l’animation de la tribune des supporters qui fait la folie de cette salle. On a un énorme respect pour tous les joueurs de n’importe quel club et on est admiratifs de les voir jouer. »

Des souvenirs pleins le tambour

Fofie :

« La montée en ligue A, les victoires contre Tours et Paris en 2013, contre Cannes en décembre 2014, la coupe de France à Paris, le chant pour Yannick Bazin (♪qui fait rêver les Chaumontais ? Yannick Bazin♪), l’organisation de moments forts comme une flashmob, porter un bonnet de Noël pour le dernier match de l’année, l’hommage à Papy Jeanmougin, la minute d’applaudissements et la Marseillaise pour l’attentat contre Charlie Hebdo…

« Mes pires souvenirs : le déplacement à Nantes quand nous avons échoué aux portes de la Ligue A, le CVB-Tours de saison 2013/2014 quand la TV a obligé le club à déplacer le match à 17h au lieu de 20h et que les commentateurs ont été très désobligeants avec le CVB et la ville en général. »

Jakouille :

« Mon meilleur souvenir, c’est notre finale contre St-Nazaire pour la montée, c’était de la folie dans la salle. »


Ils ont joué à Jean-Masson

Cédric Hominal, joueur actuel du Plessis-Robinson en Ligue B :

Cédric Hominal : Ça transcende de jouer dans une ambiance pareille, même en tant qu’adversaire.

« J’ai joué contre Chaumont avec Brive et Lyon en Ligue B et Tours et Nantes en Ligue A. À chaque fois, ils étaient chauds. Grosse ambiance, des tifos, ils chantent sans cesse durant toute la partie. En ligue B, à chaque fois ils ciblaient un joueur (en l’occurrence les deux fois avec Brive et Lyon ils avaient ciblé les libéros) et ils ne le lâchaient pas du match. À l’époque en Ligue B, il y avait quand même 2-3 parasites qui insultaient salement les joueurs adverses et l’arbitre mais depuis, ils ne sont plus là. Le chop des Fanatics a fait soit le ménage, soit l’éducation.

Moi, j’adore jouer là bas, car c’est une petite salle et ça résonne beaucoup, ce qui accentue leur pouvoir d’encouragement. Ça transcende de jouer dans une ambiance pareille, même en tant qu’adversaire ; ça fait toujours plus plaisir de jouer dans une salle comble plutôt que vide. Chaumont a un public très chaud, tout comme Poitiers et Tours. Un point important à souligner : à la fin du match, même en ayant été sifflé toute la soirée en tant qu’adversaire, les fanatiques te salueront quelle que soit ta prestation, et je trouve cela positif. Personnellement, je n’ai jamais eu de soucis avec eux là bas, et j’ai toujours apprécié leur ambiance. »

Raphaël Attié, joueur d’Asnières en Ligue B :

« Je n’ai jamais vu de supporters comme ceux de Chaumont, une heure avant le match la salle est déjà blindée, y’a des drapeaux géants dans tous les sens, c’est vraiment spécial de jouer là-bas et à faire au moins une fois. C’est bouillant comme on dit. »

Yannick Bazin, actuel joueur de Tours en Ligue A et ancien joueur de Chaumont :

Yannick Bazin : Je pense que c’est le plus gros public en France

« Je vais pas me faire des amis dans mon club actuel mais je pense que c’est le plus gros public en France. Au niveau ambiance, ils sont en avance. Ils ont un groupe de jeunes sympas (qui sont d’ailleurs venus à Tours en déplacement) ; j’ai encore quelques contacts. Chaumont gagne à domicile grâce à son public et à la salle. Quand j’ai joué là-bas, on a pratiquement tout le temps gagné, donc forcément super ambiance, ça s’est toujours bien passé. Même s’il y a déjà eu quelques débordements, ça reste respectueux. Ca fait du bien de jouer dans une salle de volley comme ça, il y en a peu en Europe. »


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