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La Coupe au Cannet

Un chapeau pour dire chapeau ! Chapeau aux filles du Cannet, à leur pugnacité, leur enthousiasme, leur solidarité, et bien évidemment leur victoire. Pas tant un exploit que ça d’ailleurs… Pourquoi nous direz-vous 

Actu Victoire ESCR - Coupe de France Volley

Photo Karim Levy


Le 23 mars 2015

Notre analyse

« L’exploit du Cannet ». C’est ce qui paraît depuis deux jours dans les presses locales et nationales. Historique ? Pourquoi pas. Un premier titre pour Le Cannet qui met fin à 11 années de mainmise des Cannoises sur ce trophée. Mais un exploit, au vu de la rencontre, sûrement pas.

Certes, le résultat de cette finale a déjoué une grande majorité des pronostics, et par la même, soulevé une certaine ferveur dans le volley français. Car il est de bon ton dans notre pays de préférer David à Goliath, de soutenir l’outsider, parce qu’on aime les belles histoires, le changement, et les « exploits ».

Mais si l’on se penche de plus près…

Nous avions souligné la grande présence de Myriam Kloster au block (6 points), l’efficacité offensive d’Elisabeth Fedele (55%) et la présence de Nicole Davis sur l’organisation défensive. Mais nous n’avions pas compté sur la percussion des services de Zago (7 points)… Alors ?

Les pieds dans le béton

C’est sans conteste la première impression à la sortie de ce match. Cannes a « picoré », comme on dit dans le jargon, sur les services cannetans. Une réception en berne où Maret Grothues, Déborah Orschitt et Logan Tom ont beaucoup souffert. Les réceptionneuses cannoises ont semblé bien immobiles sur les mises en jeu (agressives) adverses notamment de Zago et Fedele. L’indisponibilité de Sanja Bursac (hernie discale) a sans doute été préjudiciable à l’organisation de cette ligne arrière.

D’autant que les passeuses cannoises n’ont pas réussi à installer leur jeu, et bonifier les ballons. Quelques passes approximatives, des choix pas toujours évidents, elles ont semblé chercher la solution pendant tout le match, ne pouvant que très peu passer par le centre. Ajoutons à cela que Juliann Faucette n’a pas été au niveau où on l’attendait, seule Logan Tom, en poste 4, a tenu la baraque.

La pression cannetane

Si la victoire du Cannet n’est pas due au hasard, c’est avant tout grâce à une pression initiée par la qualité de service, permettant aux centrales cannetanes de montrer leur présence au block. La défense s’est ensuite organisée autour d’une Nicole Davis, qui s’affirme comme la meilleure spécialiste du poste en LAF. De la solidarité, du culot aussi à l’image de Fedele et Litchman qui n’ont pas joué « petit bras » sur les contre-attaques, semant ainsi le trouble dans une défense cannoise peu mobile.

Cette solidarité défensive, et par défensive nous entendons le secteur block/défense, a poussé les Cannoises à la faute, et pas qu’un peu ! La bagatelle de 43 fautes directes qui ressortent des statistiques soit plus de 45% des points marqués par Le Cannet. Difficile de performer et de se rassurer dans ces conditions…

Enfin, la jeune passeuse croate Bernarda Brcic (23 ans) a su jouer intelligemment sur les temps forts et temps faibles de ses attaquantes. Un jeu propre, simple et efficace qui a permis aux Cannetanes de ne jamais sembler panique dans cette rencontre.

Merci aux Nantaises

Nous ne ferons pas ici la démonstration de l’importance de l’aspect psychologique dans le volley-ball, tant il est de notoriété commune que c’est LA composante essentielle et primordiale de ce sport. Mais les Nantaises ont ouvert la voie en début de saison en montrant que le RC Cannes n’était pas invincible, que Goliath pouvait tomber. Et au moment de mettre l’assaut final, c’est aussi ce qui a dû trotter dans les têtes cannetanes, empêchant ainsi aux bras de trembler.

Elles (ils) ont marqué cette finale

Elisabeth Fedele. On en a beaucoup parlé sur ce site, et elle a confirmé son excellente saison. La jeune française (21 ans) termine deuxième meilleure attaquante de la rencontre (12 points) derrière Juliann Faucette (14 points), mais a éclaboussé la rencontre de sa fougue sans trop se poser de questions.

Myriam Kloster. Elle a terminé la rencontre sur 3 blocks consécutifs, faisant pointer son compteur à 6 blocks dans la partie. Peu servie à l’attaque, elle a assumé son rôle de premier rempart aux assauts cannois, poussant les attaquantes adverses à la faute par sa présence.

Valentina Zago. La pointue italienne a mis la réception adverse dans le mal. Avec 7 services gagnants, elle a permis à son équipe de conclure une première manche au départ mal embarquée. Précieuse également à l’attaque, elle a fait parler sa patte gauche pour semer le trouble dans la défense adverse.

Nicole Davis. La libéro cannetane, a gagné son duel à distance face à Déborah Orschitt. Propre en réception, généreuse et omniprésente en défense et au soutien, elle a permis à son équipe d’y croire et de ne rien lâcher.

Ilka Van de Vyver. La seconde passeuse cannoise a failli faire basculer le match avec sa rentrée au 2ème set. Elle a redonné un peu de dynamisme à son camp, mais ça n’a pas suffi.

Juliann Faucette. Elle nous avait surpris par sa puissance et son efficacité en première partie de saison, mais semble beaucoup plus à la peine depuis sa blessure. On l’attendait à un meilleur niveau que celui qu’elle a montré.

Yan Fang. Le grand gourou cannois nous a un peu déçus dans sa manière de coacher. Certes, il a poussé ses joueuses à se lâcher, et a bien senti que le poids de l’évènement était en train de prendre le dessus, mais on aurait attendu de sa part un peu plus de prise de risque et d’ingéniosité dans les changements.

Les « Highlights »

Highlights Finale Coupe de France Féminine par justvolley



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