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La Ligue Mondiale pour les nuls

Alors que l’équipe de France masculine de volley-ball est probablement entre Corée et Japon pour disputer son troisième match de Ligue Mondiale, nous avons tenté de décrypter cette compétition. Non sans mal, on vous l’accorde !


Le 3 juin 2015

 

Pourquoi expliquer le déroulement de la Ligue Mondiale ? Tout simplement parce qu’on n’y comprend pas grand chose ! Et au moment de se pencher sur le pourquoi du comment de cette compétition, nous avons jeté un œil sur la première définition française que nous livre le net, à savoir celle de Wikipédia :

« La Ligue mondiale de volley-ball est une compétition officielle de volley-ball qui réunit chaque été entre douze et seize équipes, dans une épreuve en phase de poule à doubles matches aller-retour, puis une phase terminale réunissant 4 à 6 équipes, dont le format peut évoluer chaque année. »

Allez y comprendre quelque chose : la compétition réunit entre 12 et 16 équipes, genre « on sait pas trop », des doubles matches aller-retour, comme si un seul ne suffisait pas, et une phase finale qui peut évoluer chaque année… avec ça, on est tranquilles. Chacun fait sa tambouille, et on ne pige plus rien !

Mais qu’est-ce que donc que la Ligue Mondiale ?

Pour la faire courte, cette compétition est une sorte d’opération marketing du volley-ball, organisée et gérée par la FIVB depuis 1990. La formule évolue effectivement au fil des années, au gré de la FIVB. Le but officiel est de faire la promotion du volley-ball à travers le monde, chaque année, étant donné que les compétitions majeures (championnats du monde et Jeux Olympiques) n’ont lieu que tous les quatre ans.

Plus officieusement, c’est évidemment un moyen de faire parler de notre sport, de le développer, mais aussi, et surtout, de mettre un peu de caillasse dans les caisses FIVB.

En effet, la fédération internationale, qui finance en grande partie la compétition grâce aux droits TV, impose aux participants un cahier des charges drastique. La présence d’un diffuseur (beIN Sports pour la France) est indispensable et obligatoire pour participer à l’évènement. L’Allemagne, pourtant troisième aux derniers championnats du monde, ne participe pas à la compétition 2015, d’une part pour se concentrer sur les Jeux Européens à Baku, mais aussi faute de diffuseur.

Annoncé comme le tournoi le plus « riche » de tous les événements volley internationaux, l’édition 2014 n’a pas dérogéeà la règle avec des affluences record ! La FIVB a bien sûr saisi l’occasion de développer cette compétition « sur invitation » en 2015, avec notamment 4 équipes supplémentaires par rapport à l’édition précédente.

Que gagne-t-on lorsque l’on remporte cette compétition ?

Quelques points au « ranking » (classement) des nations du volley-ball mondial, qui sert principalement à définir les poules lors des compétitions internationales. C’est tout ? Non, bien évidemment… il y a quelque pécule à la clé ! Pour exemple : les USA, vainqueurs l’an passé, se sont vu offrir la somme de 1M$ (contre 200 000$ pour la Pologne, champion du monde 2014).

La formule de cette année

Cette année, et pour la première fois, la compétition regroupe 32 nations (Wikipédia aurait donc faux ?). Ces 32 équipes sont réparties en 8 poules de 4 équipes, elles-mêmes réparties en 3 groupes de niveau. Un beau merdier nous direz-vous (le terme paraissant approprié), et vous aurez raison.

Nous allons tout de même tenter une explication :

Groupe 1 : Il est constitué de 2 poules de 4 (poules A et B). Les 2 premiers de chaque poule sont qualifiés pour la phase finale, auxquels viennent s’ajouter le Brésil, organisateur dudit tournoi final, et le vainqueur de la phase finale du Groupe 2. S’ensuit donc un tournoi à 6 équipes, dont le vainqueur remporte la Ligue Mondiale (et les $$).

Groupe 2 : Groupe de la France. Il est constitué de 3 poules de 4 équipes (poules C, D et E). Les 3 vainqueurs de chaque poule sont qualifiés pour la phase finale du Groupe 2, ainsi que la Bulgarie, organisateur du tournoi. Le vainqueur aura l’honneur de pouvoir disputer la phase finale du Groupe 1. Il aura également la possibilité, s’il répond aux attentes de la FIVB, d’intégrer directement les équipes du Groupe 1 l’année suivante.

Groupe 3 : Il est constitué de 3 poules de 4 équipes (poules F, G et H). Les 3 vainqueurs de chaque poule sont qualifiés pour la phase finale du Groupe 3, ainsi que la Slovaquie, organisateur du tournoi, « et pis c’est tout ! »

En pratique, ça donne quoi ?

Concrètement, des équipes nationales qui cumulent les heures de vol pour effectuer leurs doubles confrontations aux quatre coins du globe (Corée, Japon, République Tchèque et on l’espère Bulgarie et Brésil pour la France). Difficile pour le spectateur de suivre cette compétition qui se déroule sur deux mois, en plein été, à des heures qui varient en fonction du fuseau horaire, sans forcément une grande promotion des matches à l’extérieur…

Cependant, elle a au moins le mérite de nous offrir six matches de l’équipe de France dans nos différentes villes françaises : Poitiers, Tourcoing, Tours, Rouen, Castelnau-le-Lez et Brest pour l’édition 2015 (calendrier à retrouver sur JustVolley).

Et la France dans tout ça ?

L’équipe de France est actuellement pensionnaire du Groupe 2, comme elle l’était l’année dernière. Elle aura la possibilité, si elle termine première se son groupe, de disputer la finale à 4 (Final Four) du Groupe 2 en Bulgarie.

Il faudra alors sortir vainqueur de ce tournoi (étape où les Bleus ont buté en 2014 face à l’Australie) pour disputer la phase finale du Groupe 1, contre (logiquement) les meilleures nations au monde, avec la possibilité d’intégrer directement ce Groupe 1 en 2016. La route sera donc longue, mais pas impossible.

Quoi qu’il en soit, nous suivrons attentivement le parcours des Bleus dans cette Ligue Mondiale, avec pourquoi pas, la possibilité de rééditer, voire de surpasser la meilleure performance française de la compétition : finaliste en 2006.



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