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La Vista d’Hubi #3 : Volley-ball et Formation

Pour sa troisième chronique, Hubert Henno nous donne sa vision de la formation française, et notamment des centres de formations. Car le chemin pour accéder au volley professionnel peut être parfois long et sinueux


Le 22 avril 2015

 

Cette chronique me tenait à cœur ! La jeunesse représente la base et l’avenir de notre sport, et la formation est bien évidemment primordiale pour leur développement. Si beaucoup de choses ont bougé depuis mes débuts, je garde toujours un œil sur ce qui permet au volley, et à ses jeunes joueurs, de se développer.

Le jeune joueur doit être persuadé qu’il apprend, et dans de bonnes conditions

Nombreux sont les chemins qui peuvent mener au plus haut niveau professionnel, mais je commencerai par le fait qu’il n’y a pas d’âge pour la formation. Je suis resté 7 ans à Asnières et je pouvais continuer si je le souhaitais. Le jeune joueur doit être persuadé qu’il apprend, et dans de bonnes conditions. Le CNVB est une étape possible mais combien en sortent vraiment et deviennent des internationaux ?

Dans les différentes étapes du développement, la question du pôle régional peut s’avérer une transition vers le CNVB, et permet à certains jeunes talents de se perfectionner si le club près de chez eux n’est pas assez performant. Cela permet également de se faire voir, et peut servir de tremplin, surtout en Île-de-France, où il y a une myriade de clubs, afin d’être recruté par des clubs qui font la coupe de France jeunes. Mais il reste l’éternelle question qui se pose également pour le CNVB : sont-ils définitivement un réservoir pour les équipes de France ? Les jeunes sortent ils vraiment plus forts ?

Nos jeunes joueurs sont trop livrés à eux-mêmes

Un CNVB, d’ailleurs, qui a besoin d’être renouvelé. Ce sont les mêmes personnes qu’il y a 15 ans. C’est comme pour tout. Il faut du sang neuf, des idées nouvelles et surtout un changement de mentalité quant au professionnalisme de nos jeunes joueurs. Ils sont trop livrés à eux-mêmes. Ils ont vraiment besoin qu’on les guide pour franchir l’étape du haut niveau.

Un rôle que devraient endosser les centres de formation de clubs (CFC). Dans l’idéal, il faudrait vraiment que ce soient eux qui aillent rechercher les jeunes pour les développer, en leur donnant du temps de jeu dans l’équipe 2, puis l’équipe première. J’ai eu une chance inouïe, à Asnières, de grandir et de me développer en tant que volleyeur dans le meilleur club formateur de l’époque. C’est ce que je souhaite à tout le monde. Le passage dans toutes les divisions m’a permis avec certains (Patin et Frangolacci entre autres) de gravir les marches petit à petit, pour terminer en Pro A, à la 3ème place, et de m’ouvrir les portes de l’équipe de France.

Les équipes de CFC doivent être exclusivement un vivier de jeunes du cru, avec d’éventuelles recrues et un ou deux joueurs +30 ans maximum, pour pouvoir encadrer ces jeunes et les faire jouer. Certains clubs comme Asnières, Le Plessis et Harnes par exemple ont, ou avaient, un excellent vivier qui leur permettait de sortir des jeunes qui plus tard partent enrichir les gros clubs… c’est dans la nature ! Pourquoi ne pas leur donner une indemnité au club formateur en dédommagement.

Il n’y a pas assez de jeunes licenciés au volley

Mais malheureusement, le pourcentage de jeunes qui intègrent les équipes pro est infime, d’une part parce que les CFC ne sont pas encore au point, mais aussi parce qu’il n’y a pas assez de jeunes licenciés au volley. Il est aussi possible que le niveau de certaines équipes premières soit trop haut pour commencer. Donc il faut bien faire attention de ne pas brûler les étapes et y aller progressivement.

Cependant, une des dérives de ce système survient lorsque la FFVB impose aux clubs d’avoir un quota de jeunes joueurs. Il ne faut pas se voiler la face, c’est de la poudre aux yeux bien évidement, car les clubs prennent des jeunes pour faire le compte sans réellement les former ni leur donner leur chance.

Il y a trop d’étrangers dans les championnats français

Pour ma part, et c’est propre à la France, il y a trop d’étrangers dans les championnats français, ça ne permet pas le développement de nos jeunes joueurs. La formation française est très bonne, les résultats dans les catégories cadets juniors ont toujours été excellents. Le souci, c’est le passage en séniors où il y trop peu de joueurs qui ont le niveau international, même si notre équipe de France (NDLR : masculine) actuelle en est le contre-exemple. Mais gardons à l’esprit que c’est exceptionnel ! Peut-être avoir un quota de joueurs français imposés sur le terrain du championnat ferait progresser plus vite et responsabiliserait les français ?

En attendant, signer un contrat pro est un rêve que pas mal de jeunes espèrent toucher du doigt. Mais combien sont bloqués à la porte ? Je leur dirais de se concentrer sur leurs études, tout en s’amusant au volley. Il est important de se préparer une porte de sortie au cas où. L’avenir n’est pas certain donc terminer ses études est une quasi nécessité.

De l’autre côté des Alpes…

Le CFC en tant que tel n’existe pas en Italie. Il y a plutôt un « club Italia », qui s’apparente au CNVB. L’équipe évolue en N1 et elle est composée uniquement de jeunes d’un certain âge, pour leur permettre de jouer et de se montrer. Après, chaque club a un vivier de jeunes qui, selon le niveau, participent aux entraînements et quelques fois aux matches pour les meilleurs d’entre eux. Le système est donc sensiblement le même…

Par contre, la grande différence concerne la détection. Elle est beaucoup plus importante en Italie : chaque région réalise des camps d’été et un nombre considérable de jeunes joueurs viennent s’y inscrire. Ça commence comme ça… Je prends part chaque année à ces camps où le nombre de participants ne cesse de croître. Bien que le volley soit très apprécié en Italie, c’est surtout la communication qui est importante. C’est un facteur de réussite, les jeunes demandent beaucoup de conseils.

À très vite pour ma nouvelle chronique !

Ciao.

Hubert



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