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Le joueur de 3×3 – Volume 1 : Le beauf

Les tournois de 3×3, c’est du jeu, de la tchatche, du bronzage, mais surtout des personnages. Qui sont ceux qui nous font rêver tous les ans tant ils pourraient avoir leur place dans une BD ? Réponse chaque semaine de cet été 2015 !


Le 11 juin 2015

Une chronique qui sonne comme une évidence. Pour démarrer la série, il fallait bien en choisir un. Et à la rédac’ on ne souhaitait pas choisir n’importe lequel. Alors on a fait un petit tour, on s’est baladés sur les « greens » environnants pour déterminer celui dont on saura soigner la caricature, celui dont beaucoup parlent, celui que tout le monde connaît, celui qui est toujours là, celui qui est inévitable, celui dont on pourrait presque dire, sur chaque stade ou chaque plage de France, que c’est toujours le même. Description…

Oui ! C’est lui. Tu le distingues au loin. Le jaune de son Panzeri caractéristique t’ayant attaqué la cataracte de bon matin sans manquer de t’arracher un sourire persifleur, tu commences ton tournoi dans la bonne humeur. Son style inégalable est à la hauteur de sa réputation : pour accompagner ce yogging infâme, il aura opté soit pour le t-shirt dudit tournoi millésime 2007 (la plus belle année), soit pour un sweat CCCP glané par son père lors d’un voyage soviétique. Aux pieds, après avoir longuement hésité entre les runnings Kalenji et les Adidas Nastase, il a finalement choisi les Palladium mauves qui lui ont porté bonheur au tournoi de Fleurines il y a huit ans. Sans oublier les genouillères Rucanor de 1994 aux chevilles, prêtes à être remontées sur commande, ainsi que son Spalding Ibiza sous le bras, parachevant ainsi la panoplie du parfait volleyeur.

D’aucuns le nomment vulgairement « beauf » mais tu sais comme nous qu’il incarne bien plus. Fier comme Artaban, il sillonne les arpents du Stade Maurice Barrès dès 8h30 bien que l’ouverture des inscriptions ne soit annoncée qu’à « partir de 9h ». Souvent isolé, il prend soin dès son arrivée de se signaler à la sportive dans l’espoir de trouver deux compères pour partager une nouvelle journée pleine de surprises. En attendant, articulations délicates obligent, il doit s’échauffer. 2×2, 3×3, 8×8, 12×12, qu’importe : il jouera là où il peut, faisant au passage parler son entregent légendaire « Je peux jouer avec vous ? ». Le geste est très appliqué sans pour autant être fluide ; il se prend parfois pour un autre, mais on s’en fout, il régale son public.

Entre les matches, tu aperçois cet archétype de la triplette printanière explorer le plateau à la recherche de joueurs de Pro A (il appelle toujours ça la Pro A bien que cela ait changé), afin de s’extasier devant leurs performances, même si certains d’entre eux sont des pompes à vélo en tournoi. Ce qu’il faut savoir, chez lui, c’est que loin d’être lui-même un grand metteur de catoles, il voue tout de même un culte particulier pour la chiche. De quoi te signifier l’importance de la chauffe, et principalement de la demie avant. Cris rauques et attaques « lourdes », tel est son crédo. Malgré tous ses grognements et les efforts de ses partenaires du jour, il ne gagnera pas beaucoup de matches et finira son tournoi aussi tôt qu’il est arrivé. Quoique…

Ce qui fait de lui un être exceptionnel, et tu le sais car tu en as fait les frais plus d’une fois, c’est que notre ami entre vraiment dans son match une fois l’élimination entérinée. Va donc prendre une binche sur les coups de 16h12 avec cet enfant de la balle, il te narrera cette édition de 1995 où Jeannot le Borgne s’était hissé jusqu’en finale malgré la pluie, butant inévitablement sur Max le Mur, vainqueur quatre années de rang. Pis, alors que tu es tranquillement en train de regarder le quart de ton tableau, il se postera près de toi, bras croisés, langue pendue, critiques acerbes et commentaires venus d’un autre monde. Pour peu que tu prennes cela au premier degré, cela t’énervera, mais autant te délecter de ce Pignon du volley qui teintera ta journée d’une couleur inattendue et appréciable.

Quoi qu’il en soit, lui comme toi, vous reviendrez car il n’y a rien de tel qu’un bon tournoi de 3×3.

À la semaine prochaine.

La rédac’



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