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Le joueur de 3×3 – Volume 2 : La Barbie

Les tournois de 3×3, c’est du jeu, de la tchatche, du bronzage, mais surtout des personnages. Qui sont ceux qui nous font rêver tous les ans tant ils pourraient avoir leur place dans une BD ? Réponse chaque semaine de cet été 2015 !


Le 18 juin 2015

 

Dans la série des portraits de joueurs et joueuses de 3×3, il fallait une suite. Et pour choisir le profil, on a suivi le regard du beauf, qui louche copieusement sur notre proie du jour : la Barbie. Description…

Oui ! C’est elle. Mais elle ne dit jamais « oui », que ce soit à Andy, à toi ou aux (mal)chanceuses qui auront le privilège de jouer avec elle. Cela fait deux mois qu’Aurélie et Diane lui demandent de faire ce tournoi mais elle se fait désirer, comme toujours. Elle ne donnera finalement son aval sur la discussion de groupe Facebook, d’un mièvre « bon ben je crois que je peux être là », que la veille dudit tournoi, au dernier moment. Pour la peine, il faudra qu’on l’y amène et qu’on la ramène ; c’est la moindre des choses. Ses coéquipières ont mal vécu l’épisode mais la vérité est qu’elle hésitait sincèrement entre ce vide-dressing des trois sœurs rue de Maubeuge, l’aprem au fond du lit à naviguer sur des blogs fashionistas ou à rattraper ses séries, ou encore la rediff des Marseillais en Thaïlande. Mais finalement, elle se rendra au tournoi où tu l’attends de pied ferme.

Une fois l’accord donné, place à la phase de préparation. Mentalement d’abord, parce qu’elle n’a pas forcément envie de croiser unetelle, bien qu’elle soit au-dessus. Ne pas se ridiculiser non plus, d’où l’importance du choix des partenaires. Et enfin, plaire.

C’est donc physiquement, le lendemain matin, qu’elle va passer autant de temps à choisir son shorty qu’à se maquiller, soit la durée moyenne d’une poule de 3. Rien n’est laissé au hasard : texture des textiles, accordance des accessoires, rappel de couleurs un brin criardes mais pas trop, rouge à lèvres glossy, eyeliner et boucles d’oreille ; soit l’équipement indispensable pour jouer au volley… Au moment de pénétrer dans le stade, elle porte des lunettes de soleil Prada style masque – ou mouche pour les non-initiés –, nuages ou pas, pour ne pas qu’on voie où elle regarde ; on frise la combinaison de modestie, de m’as-tu-vu et de discrétion VIPiste.

Dès le premier match, elle attire les regards, dont le tien, et fait tout pour les conserver : cris aigus à l’attaque, plongeon « Six mondial » sans pour autant la défendre, posture d’attente en récep bras-tendus-mains-sur-les-genoux-dos-cambré-train-arrière-légèrement-relevé-faisant-baver-le-badaud-dominical-venu-rien-que-pour-ça. Puis elle se fait payer une bière par notre beauf, éconduisant au passage toute vaine tentative d’approche du jouvenceau un peu trop téméraire, car elle a l’objectif rivé vers celui qui, comme chaque année, va sans doute remporter le tournoi.

Avec un peu de réussite, elle accroche la finale de la super-consolante, rassemblant ainsi légitimement tous les yeux du tournoi à moitié tournés vers l’extérieur jusqu’alors. Nous la soupçonnerions même d’avoir volontairement perdu le match de poule décisif du matin pour se retrouver à ce niveau de compétition et défiler sur « son tapis rouge » à elle : le terrain numéro 8 scruté par les spectateurs de fin de journée. Elle ne remportera pas cet ultime match mais aura la chance de pouvoir sourire pour la photo qui figurera sur le site du club, ayant pris soin de mettre le survêtement idoine et de faire ressortir ses attributs, même si elle aurait préféré poser avec les pros.

Au fond, elle est complexée, mais les autres ne peuvent pas le comprendre. Alors elle répond aux attentes, celles d’une désirable désirée, et s’enferme dans un rôle qu’elle n’a pas demandé tandis qu’elle veut juste faire du sport. C’est la raison pour laquelle, à la pause de midi, elle n’a pas mis de mayo dans le sandwich, parce que c’est dégueulasse, ça dégouline, et ça fait grossir – « qu’est-ce que c’est que cette buvette sans salades ! ».

En rentrant chez elle après sa journée éprouvante, elle se remémore les bons moments, analyse les diverses rencontres – pas forcément de volley mais plutôt de regards volés – de la journée et repense au beau gosse du tournoi qui mettait des marmites en demi av, celui qui vient juste de signer son contrat aspirant à Tours. La qualité de son tournoi se jugera le lendemain en voyant le nombre d’ajouts Facebook qu’elle obtiendra car, très important, la Barbie n’ajoute personne, elle est bien trop populaire pour ça. Auras-tu le culot de la demander en amie prenant ainsi le risque que tout le monde s’en aperçoive ?

Quoi qu’il en soit, elle comme toi, vous reviendrez car il n’y a rien de tel qu’un bon tournoi de 3×3.

À la semaine prochaine !

La rédac’



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