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Le joueur de 3×3 – Volume 3 : Le minot

Les tournois de 3×3, c’est du jeu, de la tchatche, du bronzage, mais surtout des personnages. Qui sont ceux qui nous font rêver tous les ans tant ils pourraient avoir leur place dans une BD ? Réponse chaque semaine de cet été 2015 !


Le 24 juin 2015

 

Parce que nous y sommes tous passés, parce que c’est là qu’on apprend, focus sur l’avenir de notre discipline, le petitou du 3×3 : le minot. Description…

Oui ! C’est lui. 9h12, son portable sonne pour la troisième fois avant qu’enfin il y réponde. « Ouais, quoi ? » « Ben réveille-toi, gros, ça va commencer là ! ». C’est là que la fameuse chanson de Tryo prend tout son sens. Petit à petit, il se remémore… Où suis-je ? Chez moi, c’est déjà un bon point même si je ne sais pas comment je suis arrivé ici. Qui est ce fou qui m’a agressé au téléphone alors que j’ai pas fini ma nuit ? Ah oui, peut-être mon meilleur pote à qui j’avais promis de se voir. Mais pour quoi au juste ? Yes ! Tournoi de 3×3 à Joinville-le-Pont. C’est sûûûûûûûr que je vais rater la première poule, se dit-il.

La veille, t’étais avec lui, à la même soirée. T’as senti le coup venir quand tu le voyais naviguer avec insouciance entre un verre de sky à sa droite et les attributs d’une certaine Jessica à sa gauche. Tu t’es vite dit que ça sentait la poudre et que t’aurais probablement une équipe en moins sur ton chemin. Surtout, tu te gaussais intérieurement quand tu savais qu’il avait donné son accord pour jouer avec Bastien et Lucas, soit les deux mecs les plus « clean » en termes d’organisation. Quoi qu’il arrive, eux, ils allaient être tôt sur les terrains le lendemain matin. Mais malin que tu es, c’est toi qui lui versais les grandes rasades qui convertissaient ses mélanges en boissons quasi-unies 100% vodka.

N’ayant évidemment pas pensé à regarder comment se rendre au tournoi, notre béjaune fait son sac à la hâte, tout en cherchant sur son portable quelle galère emprunter pour rejoindre ses acolytes plus consciencieux. Après deux bus et 23 minutes d’attente, il arrive au stade, la tête à l’envers, ayant oublié ses pompes, son chargeur et les 10€ d’inscription. Il se fait avoiner, tant par ses coéquipiers que par les ballons qu’il voit triples. Ça va trop vite au service. « Mais qu’est-ce que je fous là..? » Il s’essaye tantôt en 4, tantôt à la passe, rien n’y fait… Puis, petit à petit, il décuve. Certes, tu l’as vu friser la correctionnelle contre Tintin et Milou sur le terrain 14, mais le sourire de la petite blonde terrain 12 a rallumé la flamme. Il en a du talent ce minot, mais encore faut-il qu’il ait les idées claires !

L’après-midi, il refait surface. Tu peux l’apercevoir enfourner les barquettes de frites comme de vulgaires cacahuètes. Tu te demandes même comment on peut manger autant, mais le poids des années n’a pas encore trop touché notre jeune athlète qui, sitôt son repas englouti, reprend du poil de la bête. Il se hisse finalement en quarts-de-finale, faisant au passage un beau pied de nez à ceux qui ont voulu l’enfoncer la veille. 21 partout. Tout est encore possible, et c’est à lui de servir. Ça prend la bande, mais le ballon reste en jeu. Puis il est rendu à son équipe. Il fait la relance, « Lève-laaaa ! » lance-t-il, convaincu. Et là, c’est le drame. La verticale. Une méchante. Aussi sévère que le regard de la petite blonde s’éloignant au moment où il retombe par terre pris par son élan. Finalement, il perdra cette partie ; lui et ses collègues enchaînant trop de fautes dans le money-time. Mais il repartira avec un sac-à-dos Val-de-Marne, un jeu de fléchettes et de l’expérience.

De retour chez lui, en plus du mal au crâne, il sait qu’il doit encore rendre son son DM de maths pour demain aprem, et que ça va être chaud de le faire entre midi et deux. Mais qu’importe, ce qui lui trotte dans la tête reste cette question existentielle : comment elle s’appelle ? Transformé, dès que la nécessité s’en fait ressentir, en hacker de la CIA, il recoupe tous les éléments tangibles qui pourraient le mener à sa demande d’ajout Facebook alors qu’il ne connaît ni son prénom, ni son nom, ni son club. Mais attends, elle parlait pas à Mathilde à un moment donné ?!

Ce joueur a de l’avenir, c’est évident. Une fois qu’il aura compris qu’on peut faire un point sans mettre toute sa vie, qu’avec un panaché d’inquiétude et de confiance on peut battre n’importe qui, et que les fautes sont l’ennemi, il ne sera pas loin de remporter son premier titre sur un green. En attendant, c’est son insouciance qui fait toute sa force. On n’est jamais plus performant que dos au mur, galérien jusqu’aux ongles et partant pour tout. Il tentera probablement de s’échapper de la soirée précédant le prochain tournoi, mais tu sais comme lui qu’il n’y arrivera pas.

Quoi qu’il en soit, comme toi, le beauf ou la barbie, il reviendra, car il n’y a rien de tel qu’un bon tournoi de 3×3.

 À la semaine prochaine.

La rédac’



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