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Les 10 grands classiques de la chiche

« Tape aussi fort que t’es bête » qu’ils disaient !


Le 26 mars 2015

 

De la chiche, des mines, des sacoches, des pétrons, des antoines, des pralines, des caramels… Il existe bien des mots pour décrire ce qui nous fait vibrer, ce qui fait le spectacle, la beauté de notre sport, et les montées de testostérone. Car oui, la chiche peut être bien plus qu’une simple action et bien plus qu’un ballon qui claque : c’est aussi une religion.

Alors à tous les adeptes de la catole dans les 2 mètres, nous avons répertorié quelques-uns de vos grands classiques.

On commencera cette revue par une phrase chère à tous les nostalgiques d’une autre époque :

« Moi, je préfère jouer avec des Molten. »

Ah bon ? Tu m’étonnes ! C’est sûr qu’un bon vieux Molten blanc, en cuir de buffle, ultra-gonflé, c’est 100 fois mieux que ces nouveaux ballons en plastique pourri ! Malheureusement, ils ont fait leur temps. Et mis à part au gymnase Nelson Paillou de Bar-le-Duc, on ne les trouve plus.

Quoique… Il y a toujours un vieux ballon qui traîne, dédié principalement au « foot » d’échauffement, si cher à nos entraîneurs. Et quand il sort du caddie, entre deux exercices, tu t’empresses forcément d’interpeller le premier joueur qui passe pour qu’il te lève une gonfle potable, et que tu puisses la claquer. Mais il y a toujours un con qui se met en face, et qui saute :

« Non mais si y’a un block aussi… »

Ah oui, parce que casser des louches, ou faire une roulette, ça demande d’allumer un étage supplémentaire. Puis du block, y en a pas en match. Le fameux match du week-end pour lequel on bosse toute la semaine. Celui tant attendu parce que…

« Ce que je kiffe le plus dans un match, c’est la chauffe. »

Quoi de plus normal. Parce que quand arrive la chauffe, c’est là que tu peux t’exprimer. À commencer, d’ailleurs, par l’incontournable :

« Demie avant. »

Sans conteste ta préférée ! Pas trop haute et sur la bande. La totale avec cheddar, bacon et oignons, en attendant impatiemment les grands « oooohhh » de tes collègues qui se préparent à faire la même. Mais quoi qu’il arrive, tu te retourneras vers ton passeur, le visage grave, en lui demandant :

« Tu peux me la coller un peu plus ? »

On l’avait pas vue venir celle-là ! Et vous remarquerez qu’il y a rarement le « s’il te plait » qui inviterait le passeur à s’appliquer davantage. De toute manière, le passeur s’en fout, parce que lui aussi, il est comme tout le monde, ça le régale quand ses attaquants mettent des mines ! Puis, si par hasard la balle est parfaite, mais que la mine n’est pas à ton goût, tu nous gratifieras d’un :

 « Je l’ai mal prise. »

Ce qu’il y a de bien avec cette phrase, c’est que la fourchette est large. Que la balle tombe aux 4 mètres ou file direct dans les tribunes, c’est assurément que tu l’as manquée. Mais à tout prendre, tu préfères quand même qu’elle dégomme le mur !

Enfin il y le cran au-dessus, les vrais de vrai, la crème de la crème : ceux qui montent bras tendu, poing fermé, et qui, d’un très vif coup de poignet, piquent une brave chicotte dans le premier mètre en criant :

« Mmm allezzzz ! ».

Celle-là on l’adore. Ça fait briller les yeux et esquisser des sourires.

Mais quand le match commence, c’est une toute autre histoire. Pourquoi ? Parce que t’es pas à l’abri d’en reprendre 15 sur le nez, ou de repeindre le gymnase… Alors viendra bien entendu la question qui suit :

« Oh mais tu peux pas faire une feinte ? »

Question à laquelle tu répondras inévitablement :  « Une quoi ??? » Une carotte, une quéquette, une douceur, une tendresse, une bidouille, une kikette, une philosophie impensable pour l’amoureux du sachet que tu es, l’esthète de la ligne brisée à 7 degrés, le mélomane du parquet qui se cambre et résonne sous l’impact sourd de la balle, le narcissique encensé par les sons de stupeur des supporters assoiffés de sacoches. Car oui, un jour, le jour d’une carrière, démarqué par ton serviteur de passeur, tu cratérises le terrain adverse en plein match, et tu dis…

« »

…le port altier, l’air sévère mais détaché, comme si tu regardais la mer au loin avec une meuf que tu veux choper, comme si cet événement unique t’arrivait tous les dimanches, comme s’il étonnait tout le monde sauf toi, l’Artiste.

Enfin, on finira cet article sans prétention par la dernière des classiques. Cette formule hurlée au passeur par saccades de trois, la gorge serrée, tel Vegeta en transformation Super Sayan :

« Donne-la ! Donne-la ! DONNE-LA ! »

Là, ça sent la frustration. Pas forcément parce que ton équipe est en danger, ou a perdu le point précédent, mais surtout parce qu’un type, de l’autre côté du filet, a osé taper plus fort que toi ! Un affront qui ne saurait rester sans réponse. Pourquoi ? La réponse est évidente…

« La chiche, c’est un truc de bonhomme ! »

Alors messieurs, à vous, les cogneurs du week-end, merci ! Merci, car que serait le volley-ball sans ce spectacle, ces ballons qui claquent, et toutes ces actions qui déchaînent les « Highlights » dont nous sommes tant friands ?

Mais une seule question reste sans réponse. Pourquoi dit-on : « une chiche dans les 1 mètre » ?



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