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Les finales LNV – Préface par Mr Grumpy

À l’approche des finales du championnat, Mr Grumpy repointe son nez hors de sa tanière pour nous donner ses impressions. Fidèle à son humeur toujours saillante, il nous livre son analyse… à grands coups de machette.


Le 6 mai 2015

RAPPEL :

Mr Grumpy pose un avis très personnel, s’exprime sans détour et sans ménagement sur les sujets qui l’inspirent autour du volley-ball. Coups de gueule, protestations, récriminations, critiques ; il n’est pas du genre à mâcher ses mots.

Mr Grumpy n’est pas passionné, encore moins un supporter ; nous pourrions le dépeindre comme un idéaliste, un romantique du volley-ball. Son ton peut être jugé acerbe et pessimiste mais il revendique une forme de liberté de parole décalée et se définit plutôt comme polémiste. Misanthrope, acariâtre et grincheux, il vit reclus dans une caverne des hautes montagnes, sans le moindre contact avec le monde extérieur.

Nous nous délectons de ses rares chroniques comme d’un Romanée-Conti, cuvée 1975 ; nous vous invitons à y goûter.

 

Le Paris Volley va-t-il troquer l’emmental contre le mental ?

Depuis trois ans c’est la même rengaine ; d’un côté on a Paris, son jeu flamboyant, ses joueurs aériens et toniques avec Skrimov, Ivovic et Gjorgiev. De l’autre, on a le pragmatisme de la machine tourangelle, propre, nette et sans bavure. Konecny en somme.

La spontanéité latine contre le réalisme anglo-saxon.
L’élève Rougeyron contre le Maître Paes.
Raymond Poulidor contre Jacques Anquetil.
L’éternel finaliste contre le vainqueur inéluctable.

Doit-on ici parler de « bête noire » ? Aucun lien avec Demis Roussos ; repose en paix mon garçon. Peut-être peut-on aller chercher plus loin en écrivant que Paris développe une résignation acquise ou plutôt de « l’impuissance acquise », chère à Martin Seligman.

Ce dernier définit cet état psychologique comme le résultat d’un apprentissage dans lequel le sujet fait l’expérience de son absence de maîtrise sur les événements survenant dans son environnement. Paris adopterait-il alors une attitude résignée ou passive, face à ce même adversaire qui le bat régulièrement ?

On entend par là une compétition importante ; finales du championnat de France 2013 et 2014, finale de la coupe de France 2014… pas une vulgaire Supercoupe supplantée à un match de championnat.

On pourrait pourtant dire que les joueurs changent et n’ont donc aucune raison de développer un tel sentiment. Est-ce donc le staff qui développe cette crainte étouffante, et transmet au groupe le caractère impossible de la situation ?

Il n’est pas interdit de le penser. M. Rougeyron, il faut désormais outrepasser le complexe d’Œdipe et tuer le père ! La préparation du match doit à l’évidence être modifiée, car il manque toujours un petit quelque chose ; changer l’approche, le discours, le conditionnement ou encore les habitudes. Peut-être faut-il même surprendre ses propres joueurs, sans pour autant les déstabiliser ?

Dans tous les cas, pour que les Parisiens dédisent le « jamais deux sans trois », il leur faudra  être ingénieux et ne pas laisser Coach Paes s’installer dans ses routines qui ont construit ses succès.

Réponse samedi 18h.

RC Cannes : recrutement au chifoumi, dans un Kinder surprise ou dans des fortune cookies ?

C’est un phénomène inéluctable, les victoires ne sont pas éternelles… Un jour vient poindre la défaite, celle que l’on n’attendait pas et qui arrive dans le mauvais match : une finale.

Nous n’allons pas nous extasier sur l’incroyable série d’invincibilité, sur l’ultra-domination des 20 dernières années. Ce qui nous intéresse ici, ce n’est pas le passé, mais c’est d’analyser le pourquoi du comment. Inutile que les « volleytix », qui vont réagir en disant que Cannes va aller chercher son 19e titre de champion de France samedi prochain, poursuivent l’article.

Ici nous pensons plus loin, nous analysons des maux plus profonds.

Tous ceux qui ont vu Cannes jouer cette saison auront noté le manque de sérénité, la fébrilité, l’absence de domination sans partage et de totale maîtrise de leurs adversaires.

Toutes celles qui auront joué contre Cannes cette saison auront senti ces failles dans lesquelles il était possible de s’engouffrer, à certains moments du match.

Tous les coaches qui auront préparé un match à la vidéo contre Cannes cette saison auront vu et analysé les baisses de régime et les quelques points faibles de cette équipe, qui ne laissait même pas un os à ronger les précédentes saisons…

Oui, Cannes a failli par deux fois cette saison, et les sets perdus en championnat se multiplient. Leur performance en Ligue des Champions ne restera pas dans les annales, et l’argument du budget est l’arbre qui cache la forêt. Il n’est certes pas au niveau des clubs du Final 4, mais il n’interdit pas de recruter malin.

Le départ de trois cadres (Centoni, Rasic et Antonijevic) n’a pas été digéré. Les joueuses qui ont été choisies pour les remplacer, ont parfois montré des fulgurances, mais n’ont pas répondu présentes dans la régularité de performance de haut niveau.

Faucette a un potentiel incroyable ; capable de matches à 30 points… mais capable aussi de 0/8 provoquant ses sorties à plusieurs reprises. Elle aurait pu être le facteur X, mais sa blessure lui a fait très mal, elle n’est jamais complètement revenue. Totalement absente lors de l’élimination en Ligue des Champions contre Zurich ; remplacée par Ebata qui a une main en mousse pour jouer pointue à ce niveau.

La nouvelle passeuse Apitz est approximative et irrégulière. M. Fang lui crie dessus à chaque temps mort comme sur une enfant de 7 ans qui aurait troué son jogging à la récréation.

Quant aux postes 4, elles ne peuvent pas rivaliser sur le plan européen : Grothues tremble sur chaque réception, Bursac manque cruellement de puissance offensivement. Seule Tom a tenu l’équipe sur la fin de la saison, mais de façon inconstante. Enfin, les centrales n’arrêtent pas d’être interchangées… Mme Ravva, qui prend sa retraite, laissera un grand vide dans le vestiaire (et sur le calendrier) mais moins sur le terrain où le poids des années l’a empêchée de sortir sur une dernière saison de prestige.

Lorsqu’on salue le fait que l’effectif cannois peut tourner en permanence, au gré de la forme de chacune… c’est en fait qu’aucun 6 ne s’est imposé.

Fang, Mme Courtade, vous vous êtes trompés dans votre recrutement 2014/2015. Ça arrive, il y a des années où l’on a moins de flair.

Désormais, il va falloir sortir le groin d’un chien truffier pour aller dénicher quelques perles rares qui n’attendent que d’être polies pour briller… avant d’aller voir vers des cieux turcs ou azerbaïdjanais, plus prospères.

Il est en ainsi.

La LNV et sa chance

Un mot sur dame Hélène, chanceuse cette année, de pouvoir compter sur trois finales intéressantes, dans son décorum de Superhéros/StarWars (on n’a pas trop compris le thème de cette année, sans pour autant regretter la Destination Finale de l’année dernière, vaste mix entre un film pour teenagers et un porno tourné dans un avion).

Eh oui, qu’en eût-il été si Poitiers avait battu Nice au match d’appui, les enfants ? Absolument, on aurait eu un match inutile, et probablement un non-match, entre des Nancéiens ayant atteint leur objectif, la montée, et Poitiers qui a bataillé depuis un mois pour arriver jusque-là et qui aurait donc englouti les Lorrains. Cela aurait été le fruit de la formule inepte et inapte proposée par Mme Vez depuis deux ans en Ligue B : le premier monte mais les huits premiers, dont le leader, participent aux play-offs.

L’an dernier, cela s’était soldé, en quarts, par une victoire de Harnes sur Canteleu, trop tendre et trop peuplé de mercenaires étrangers pour faire valoir l’amour du maillot nécessaire pour « aller chercher le titre de champion de France de Ligue B », dixit Alain Debès. Mais cher Alain, reviens sur terre : les gars ont fait toute une saison avec l’objectif de la montée, on la leur attribue, qu’est-ce qu’ils vont aller se péter la rondelle à aller chercher une « bague » LNV ? Elle représente rien ta bague !

Alors oui, je le redis, en Ligue B, sauf si on s’appelle Cambrai et qu’on n’a pas le niveau, il vaut mieux finir 8ème, que 7ème ou 6ème afin de jouer contre le premier, déjà parti en vacances mentalement. La solution ? Vous l’aviez déjà mise en place, chère Hélène Vez, elle consiste à des play-offs entre les équipes placées 2 à 5 — qui seront, soit dit en passant, encore plus cohérents avec votre nouvelle lubie exécrable d’enlever deux équipes dans tous les championnats –, en faisant monter le premier et en l’envoyant en vacances. Certes, vous n’aurez pas une finale de Ligue B au même titre que les finales de Ligue A et de Ligue F, mais vous aurez un vrai « match d’accession », qui prend tout son sens dans une division inférieure, comme on aura la chance de l’avoir samedi.

Qui de Nice ou Nancy montera en Ligue A ? Elle est pas bien mon accroche ?! Bien meilleure en tout cas que : qui de Poitiers ou Nancy sera champion de Ligue B, ce qui ne veut strictement rien dire. Allez donc expliquer aux mecs de Canteleu de l’an dernier qu’ils n’ont pas acquis de titre de champions de Ligue B alors qu’ils ont roulé sur le championnat ! Nombreux furent les profanes à ne rien y avoir compris.

Mais vous avez de la chance, et nous aussi, car ce match d’accession promet énormément. L’hypothétique revanche de Nice, un collectif nancéien annoncé très compétitif en début de saison qui a un match pour valider les attentes, la bataille de deux collectifs bien huilés en ce mois de mai. À plus d’un titre, ce match s’annonce sans doute comme le plus palpitant et intéressant de la journée car on y verra des défenses, de la tactique et de l’émotion. Comment, d’ailleurs, les joueurs actuels de Nancy ayant déjà signé à Nice l’an prochain vont-ils gérer ce paradoxe ? Comment Dumortier va-t-il laisser le club qu’il a entraîné ces dernières années ? Raphaël Corre mérite-t-il une fois pour toute sa place de titulaire en Ligue A, voire plus ? William Bersani fera-t-il un clin d’oeil à ses anciens coéquipiers à l’entre-deux-matches ? Bruckert va-t-il crucifier ses anciens amis ?

Je n’ai qu’une question : comment ne pas suivre cette finale, sur place ou via Dailymotion (samedi 9 mai, 15h) ?



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