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L’humeur de Mr Grumpy #3 : ALL STAR GAME BABY !

Mr Grumpy revient dans justVolley avec une chronique sur le All Star Game. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les fêtes ne l’ont pas attendri !


Le 28 décembre 2014

Mr Grumpy pose un avis très personnel, s’exprime sans détour et sans ménagement sur les sujets qui l’inspirent autour du volley-ball. Coups de gueule, protestations, récriminations, critiques ; il n’est pas du genre à mâcher ses mots.

Mr Grumpy n’est pas passionné, encore moins un supporter ; nous pourrions le dépeindre comme un idéaliste, un romantique du volley-ball. Son ton peut être jugé acerbe et pessimiste mais il revendique une forme de liberté de parole décalée et se définit plutôt comme polémiste. Misanthrope, acariâtre et grincheux, il vit reclus dans une caverne des hautes montagnes, sans le moindre contact avec le monde extérieur.

Nous nous délectons de ses rares chroniques comme d’un Romanée-Conti, cuvée 1975 ; nous vous invitons à y goûter.

Les températures se font de plus en plus fraîches, les flocons tombent déjà dans les stations de ski, tout cela fleure bon les fêtes de fin d’année… Sans grande affection pour Noël, j’accorde néanmoins que c’est l’occasion pour beaucoup de se retrouver, de partager des moments en famille, entre amis et pour certains de déballer quelques cadeaux au pied du sapin.

Certaines fédérations se la jouent d’ailleurs un peu Père Noël en la matière, en offrant des petites surprises à leurs fanatiques, d’une part pour fidéliser le public déjà acquis à leur « cause » , mais aussi et surtout pour s’ouvrir et attirer de nouvelles personnes.

Citons par exemple, le traditionnel « Boxing Day », propre au championnat anglais de football, qui propose sa 18ème journée le 26 décembre, afin que les supporteurs puissent se rendre en famille dans les stades. Idem pour la NBA, qui tient le même raisonnement. Le Top 14 de rugby s’en était d’ailleurs inspiré en programmant, avec succès, une journée à cette période, la saison dernière.

Nuance tout de même sur ce Boxing Day, qui est d’abord un événement culturel chez les Anglo-Saxons, puisque il est de tradition de distribuer des cadeaux aux plus pauvres le lendemain de Noël.

On ne saurait imaginer le tollé que ferait, au pays du camembert, la programmation de rencontres sportives le 24, 25 ou 26 décembre. La CGT, la FSGT, FO, les syndicats de joueurs monteraient ensemble au créneau pour dénoncer l’affront, l’offense, l’insulte publique !!! Tiens, noter pour plus tard : ça aurait au moins le mérite d’unir les syndicats pour une fois.

Non, en terme de « petites surprises », je prendrais plutôt l’exemple des Fédérations Françaises de Basket-Ball et de Handball, qui ont créé à dessein un événement majeur de fin d’année POUR leurs supporteurs. J’ai bien sûr nommé : le ALL STAR GAME !

LA réunion des meilleurs joueurs de championnats, qui s’affrontent sans aucune pression avec deux seuls objectifs : PLAISIR et SPECTACLE ! Cet événement est naturellement inspiré du modèle US qui voit chaque année, depuis 1951, évoluer des joueurs de la Conférence Est contre ceux de l’Ouest, sélectionnés par les spectateurs eux-mêmes, qui votent pendant quelques semaines pour élire leurs « 5 majeur ». Les coachs des deux équipes étant ceux qui présentent le meilleur bilan à mi-saison.

Tout est savamment orchestré et monté à la low-fat mayonnaise américaine sur un weekend, avec pour ouverture le match des « Rookies » (1ère année en NBA), suivi du concours de meneurs, de tirs à 3 points et un foudroyant concours de dunk toujours plus fou ! Ajoutez une pincée de cheerleaders, de jeu de musiques et de lumières, un speaker survolté, un public en délire et des joueurs qui jouent le « jeu ».

Preuve de l’importance qu’a pris l’événement : 8 millions d’Américains devant leurs TV (sans parler du reste du monde) et des joueurs qui rentrent au panthéon des illustres basketteurs au regard du nombre de fois où ils ont été « All Star »… C’est beau.

Eh bien, figurez-vous que nos deux fédérations de petits terrains, s’y sont mises, bien évidemment ! Depuis 1987 pour le basket et 2013 pour le handball. Ils ont « francisé » l’événement en voyant s’affronter une sélection des meilleurs français contre une sélection des meilleurs étrangers, mais toujours soumis aux votes du public. Les ingrédients de base, gages de réussite, que sont la totale offensive (55-54 pour le dernier match de hand et 130-117 pour le basket) et le total show dans la salle ont été respecté. Résultats : les 10 dernières éditions à guichets fermés pour le basket à Bercy (14 500 spectateurs) et un gros succès pour le Hand Star Game 2013 (9 000 spectateurs).

Et de notre côté, on fait quoi avec nos filets de volley ??? Qu’attend-on au juste ?
Trop de matches dans la saison, pas de date disponible ? Ah bah oui, on risque de faire pâle figure face aux 82 matches de saison régulière plus les playoffs en NBA… Bla bla bla. Le hand a simplement jeté un coup d’œil sur ce qui se faisait avec la ballon orange et a pris exemple.

Certains anciens prétendent qu’il y a eu un essai de All Star Game dans les 2000’ ; essai non transformé. Les bonnes personnes étaient-elles au bon endroit ?

Notre sport est-il trop médiatisé pour passer outre l’organisation de ce type d’événements ?
Il semblerait fort que non et que nous ayons besoin d’événements festifs majeurs pour promouvoir ce sport et valoriser son côté spectacle. Peut-être faudrait-il recruter dans notre chère fédération poussiéreuse, séculaire et reine de l’inertie de vrais marketeurs, des chargés d’événementiels qui ne sont pas uniquement stagiaires ou inexpérimentés, voire des étrangers avec un nouveau mode de pensée.

Ou alors, et c’est là que gît le lièvre, déléguer le tout à une entreprise privée spécialisée en la matière. Vous savez, comme la FFVB a par exemple osé le faire, avec raison, quand ils ont confié l’organisation du championnat de France de 2×2 à MCO au début des années 2000. Organisation plutôt aboutie, mais un peu trop prospère pour des dirigeants de l’époque qui ont décidé de se réapproprier l’ensemble de l’événement après avoir vu l’argent que cela générait (pourtant pas tant que ça). Résultat : pas de championnat de beach-volley en 2005, une reprise plus que timide depuis 2006, et une compétition qui est loin d’avoir retrouvé sa gloire d’antan. C’est d’une tristesse sans nom, d’un désespoir consternant, d’un égoïsme affligeant.

Alors ? Alors va-t-on s’arrêter là ? Va-t-on juste attendre dans notre rocking-chair? Imaginez réunis dans la même team Jaumel, Rossard, Ragondet, Clevenot, Le Goff, Lafitte et Peironet, contre Depestele, Gjorgiev, Pupart, Wounembaina, Vesely, Kreek et Kerminen !

Allez bon sang, inspirons-nous de ce qui fonctionne, soyons créatifs, originaux ! Et au-delà, n’ayons pas peur des « on-dit » et soyons précurseurs dans l’âme car ce sport tourne au RALENTI en France.

En attendant, justVolley vous propose de sélectionner votre justEval !



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