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Ligue BM : Tout ça pour ça !

Les clubs de Ligue B sont en pleine préparation pour la saison 2015-2016. Pourtant, ils ne savaient jusqu’à présent rien de leur championnat. Combien d’équipes ? Sous quelle formule ? La LNV a fini par sortir quelque chose de son gibus : voici l’histoire.


Le 24 août 2015

 

Cette fois, nous y sommes ! La Ligue Nationale de Volley-Ball s’est décidée à pondre une formule pour le championnat de Ligue B. Les équipes qui, jusqu’à présent, ne savaient ni à quelle sauce elles allaient être mangées, ni combien de couverts elles devaient apposer sur la table, peuvent enfin commencer leur préparation physique (certaines sont déjà dans le dur) avec des objectifs à réaliser ! La situation, en plus d’être alarmante, devenait cocasse. Combien de gladiateurs dans l’arène ? Combien de combats à livrer ? Pourquoi combattre (montée/descente) ?

Il fallait attendre « Sizeur » pour sceller tout ça… « Sizeur » ? Oui, enfin « César » quoi ! À l’heure où les élites de Ligue AM et AF avaient déjà leur calendrier, les problèmes financiers de certains et les mauvaises gestions d’autres, ont obligé la Sainte-Patronne LNV à faire languir ceux pour qui les inquiétudes quant à la saison 2015-2016 se sont très vite estompées.

Je pose six et je retiens huit

Depuis cet été, sont en ballottage Avignon, Orange et Alès. Bien entendu, il ne s’agit pas ici de tirer à bout portant sur ces trois acteurs historiques du volley-ball français, notamment en ce qui concerne la seconde division. Ce sont les multiples recours chez différentes instances, telles que le CNOSF ou la DNACG, qui ont retardé toute l’organisation. Pour l’heure (celle de la rédaction de l’article, ne regarde pas ta montre…), aucun communiqué n’a été diffusé publiquement, mais les sources, bien qu’asséchées par un été caniculaire, semblent sûres. Ceux-là ne repartiront pas en Ligue B. Le championnat passe donc de quatorze équipes à onze. Pourtant, je vous le donne en mille, c’est à HUIT que se jouera le championnat de deuxième division professionnelle l’an prochain. Non, Sylvain Mirouf, Gérard Majax, Garcimore et consorts ne sont pas intervenus. Harnes, Saint-Brieuc et Calais entrent en piste. Pour faire simple, le club harnésien est victime d’une coupe des subventions de sa municipalité et se voit contraint de repartir en N2. Calais pouvait être repêché mais a préféré opter pour la raison et respecter ce qui était prévu, à savoir la descente en N1. Et Saint-Brieuc alors ?

Un mal pour un bien

Il y a quelques mois, Patxi, 17 ans, tanneur émérite de cuir jaune et bleu dans son fief basque où la pelote et le monde de l’ovalie forment un couple indétrônable, avait annoncé à sa famille qu’il avait enfin accompli un de ses rêves : signer un contrat professionnel de volley-ball (enfin d’aspirant en réalité). C’est Saint-Brieuc qui a engagé Patxi… Quelle ne fut pas sa réaction, la mère, qui n’a jamais vraiment réussi à piper pourquoi Geoffrey, un coéquipier de son fils, n’a pas le même maillot que les autres sur le terrain et le père, qui essaye tant bien que mal de situer Saint-Brieuc sur la carte ! « Entre Binic et Trégueux… », se remémore-t-il, « oui enfin c’est plutôt Trégueux ! », rectifie-t-elle. Qu’importe, Patxi a les yeux qui pétillent. Chez lui, il n’était qu’une brebis galeuse de volleyeur, là-bas il s’apprête à vivre son « Armorican Dream »… Oui mais non. Lorsqu’il reçoit l’appel de Jacques, dit « Jacquo-La breloque », tenancier intérimaire de la buvette au Goëlo les jours de match de poussins 2, son rêve s’effondre. Saint-Brieuc ne jouera pas en Ligue B. Les raisons invoquées sont les mêmes qu’Harnes, les subventions de la Mairie ne sont pas suffisantes… D’un élan de survie, le jeune homme rattrape son téléphone en train de choir à cause du choc et pianote un numéro : « ma botte secrète », clame-t-il dans un dernier souffle. Son sourire en dit long : Patxi sait désormais à quel Saint se vouer… Ça sera Saint-Quentin et en Ligue B ! Ce dont il est loin de se douter, c’est qu’en plus de s’apprêter à vivre sa première saison en qualité de professionnel, le Basque est d’ores et déjà qualifié pour les Play-Offs. Une ligne qu’il peut s’empresser d’écrire à son CV sportif…

Une poule « façon Trois Brasseurs »

Avec la déontologie journalistique qui nous caractérise, nous ne porterons aucun jugement sur la formule sportive choisie par la LNV pour mêler ces huit équipes, mais précisons malgré tout que nous ne sommes ni à l’orée du mois d’avril ni au Jaumel Comedy Club…

  • Huit équipes : Asnières, Cambrai, Le Plessis-Robinson, Nice, Tourcoing, Rennes, Cambrai, Saint-Quentin.
  • Toutes les équipes se rencontrent deux fois en saison régulière : matchs aller-retour.
  • Un troisième match (extra-match) entre toutes les équipes, chez le vainqueur de la double confrontation en saison régulière.
  • Les huit équipes se retrouvent en Play-offs pour déterminer le(s) accessit(s) en Ligue A : 1 contre 8, 2 contre 7, 3 contre 6, 4 contre 5.

Si nos calculs sont bons, nous arrivons à 21 matchs de classement en saison régulière. Les puristes des tournois de 3×3 appelleront ça « trois tours de brassage » et les naïfs diront « je trouve ça super, ça permet à tout le monde d’avoir une seconde chance »… Mais les joueurs dans tout ça ? Et le public ? Et l’enjeu ? Et le spectacle ? Autant de questions auxquelles il est encore trop tôt pour répondre et qui risqueraient de faire tomber notre insolente ironie habituelle dans les bas-fonds de l’impertinence.

La rédaction



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