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Max Hervoir et Nico Szerszen vivent The American Dream!

Comme Kevin Tillie, passé avec succès par la NCAA il y a quelques années et maintenant titulaire en équipe de France, Maxime Hervoir et Nicolas Szerszen vivent le rêve américain dans une équipe compétitrice et un environnement propice à la performance. Rencontre.


Le 4 mai 2017

 

Nicolas Szerszen, MVP l’année dernière et encore distingué hier soir dans l’équipe type de la saison lors du traditionnel banquet NCAA, et Maxime Hervoir, qui a gagné sa place de titulaire en opposition avec son compatriote, ont pris le temps de répondre à nos questions la veille de leur entrée en compétition dans ce Final 4.

JustVolley : Pourriez-vous s’il vous plaît présenter votre parcours sportif pour nos lecteurs, depuis vos débuts jusqu’à aujourd’hui ?

Max : J’ai commencé le volley à Royan quand j’avais 13 ans. Ça m’a vite plu, j’ai rapidement fait les stages départementaux et régionaux, puis Poitiers m’a repéré. Je les ai donc rejoints, j’y ai gagné la coupe de France cadets ; ça a été une bonne année qui m’a conforté dans mon envie d’essayer de devenir pro, c’est pourquoi je suis allé au Pôle France à Bordeaux pendant un an. Par la suite, Sète m’a recruté dans son centre de formation où j’ai eu la chance de m’entraîner dans un environnement de haut niveau, mais comme j’ai constaté que j’étais un peu short pour intégrer l’équipe pro, j’ai décidé de venir aux États-Unis, dans une sorte de compromis entre le CFC de Sète et l’équipe professionnelle.

Nico : J’ai commencé le volley à 6 ans à Conflans, là où je suis né et j’ai été élevé. J’y ai fait toutes les catégories jeunes, en équipes de France cadets et juniors. Puis, vers l’âge de 14 ans, j’ai commencé à m’entraîner avec l’équipe de N1 à Conflans, avec laquelle j’ai joué à 16 ans. À 17 ans, je suis venu à Ohio State University (OSU) ; ça fait trois ans que je suis là, on a gagné l’année dernière et on verra bien pour cette année.

JustVolley : Maxime, comment as-tu vécu ton arrivée à OSU cette année ? Y a-t-il eu des choses qui t’ont surpris ?

Max : Tout d’abord, j’ai posé plein de questions à Nico avant de venir, j’ai eu la chance d’avoir mon référent ici ! Mais y’a quand même certaines choses qui m’ont surpris : l’entraînement est très intensif parce que « minuté », j’en avais pas vraiment l’habitude ! On fait beaucoup de muscu en première partie de saison (de juillet à décembre, NDLR), à savoir tous les jours, ce qui m’a permis de gagner du physique. Et y’a aussi peut-être une autre surprise plus anodine : le fait qu’on ait le droit de jouer avec le plafond ! Après, au début, j’ai eu un peu de mal à trouver ma place étant donné que je suis arrivé dans une équipe très forte, donc tu peux pas arriver en disant : « Donne-moi les ballons ! » Mais j’ai su m’adapter petit à petit, j’étais en concurrence avec Reese (Devilbiss, NDLR) avec lequel j’ai plus ou moins pris le dessus pour l’instant mais ça reste serré ; c’est intéressant d’avoir de la concurrence tous les jours. Puis en deuxième partie de saison, j’étais plus à l’aise sur le terrain, j’ai fait globalement de meilleurs matches. Au-delà de tout ça, ce qui est énorme ici, ce sont les infrastructures, tout est fait pour qu’on réussisse et qu’on ait le maximum de moyens mis en place pour nous.

Nico : Comme le dit Max, tout est plus facile ici. T’as toujours quelqu’un pour t’aider, un tuteur ou autre, pour signer les formulaires administratifs par exemple, le travail est mâché. Notre tâche se résume donc simplement à exécuter et c’est le meilleur moyen de réussir. Quand je suis arrivé il y a trois ans, j’ai dû m’adapter comme Max. Puis l’année dernière, j’ai fait une super saison. Là, cette année, c’était un peu plus chaud, notamment parce que mon programme de cours en ingénierie s’est densifié mais je tiens le coup, le train est lancé.

Max : Y’a aussi le fait de découvrir le championnat condensé qui est délicat : tu passes de seulement un match à deux ou trois matches par semaine. Plus les cours ! Ça change de ma fin d’année précédente à Sète où j’avais fini mon DUT et pouvais me concentrer uniquement sur le volley. Là, quand je suis arrivé, j’ai tout eu à gérer et c’est pas facile. J’ai réussi à compléter mon DUT informatique avec un bachelor en communication ici en deux ans. Ça a pris deux mois pour valider tout ça depuis la France et c’est grâce à une autorisation spéciale que j’ai pu venir ici seulement pour deux ans (la scolarité habituelle dure en principe quatre ans aux États-Unis, NDLR). Enfin, socialement, tout a été rendu facile, notamment par les familles des joueurs qui m’emmènent toujours au resto après les matches sans que j’aie à payer, ils sont vraiment super.

JustVolley : Et au niveau de la langue et de la culture ?

Max : Honnêtement, je parlais pas très bien, j’avais un peu de vocabulaire mais un accent horrible, en revanche je comprenais bien.

Nico : Vu que ça fait un moment que je vis ici, je m’adapte quand même pas mal à leurs habitudes, mais je reste très proche de ma famille, je les appelle tout le temps, je suis toujours franco-polonais, j’ai encore un accent quand je parle anglais, mes coéquipiers se foutent encore de ma gueule quand je m’exprime (Nicolas a un accent américain pratiquement authentique, c’est dire ! NDLR) Max et moi, on prend vraiment cher !

JustVolley : Comment abordez-vous ce Final 4 en tant que favori alors que vous étiez « underdog » l’an dernier ?

Nico : C’est pas si différent de l’an dernier vu qu’on avait mené la saison régulière aussi la plupart du temps. Là on arrive en tant que numéro un, mais à part la pression inhérente au Final 4, on se concentre vraiment à chaque fois sur le prochain match, en l’occurrence Hawaii demain contre qui on n’a pas joué cette année.

Max : On les a vus jouer hier : c’est une équipe physique, en particulier quand ils ont une bonne réception, ils peuvent jouer vite surtout aux ailes. Je crois qu’ils ont un central qui est blessé. Mais comme on a un gros service, j’espère qu’on pourra bousculer leur système. Tout le monde sert smashé chez nous, même notre libéro ! (En réalité, la règle NCAA où le libéro est autorisé à servir n’est valable qu’en volley féminin, NDLR)

Nico : Le goal de la saison, c’est de gagner National Championship. Hawaii, Long Beach et BYU, c’est très fort. Mais à domicile, on aura pas mal de monde pour nous supporter, ça va être bien.

Max : Oui, on va essayer de tout donner. Personnellement, je me réfère à ce que je connais, à savoir les phases finales de coupe de France ; j’en ai gagné quelques-unes donc j’essaie d’avoir le même comportement.

JustVolley : Merci les gars, bonne chance !

 

Nous avons aussi posé une question à Pete Hanson, head coach d’OSU depuis plus de trente ans, sur l’apport des deux Frenchies à son équipe. Voici sa réponse (traduite de l’anglais).

Coach Hanson : Nicolas et Maxime apportent tous les deux leur maturité et leur expérience au collectif. Nicolas joue au volley depuis qu’il est gamin, son père (Jacek, NDLR) était son entraîneur, et sa grande sœur (Anna, NDLR) a joué ici à OSU. Il a un très haut QI volley et il est excellent dans les moments chauds. Le fait est que beaucoup de mes joueurs se sont inspirés de lui et ont acquis ce calme nécessaire pendant les moments critiques, ce qui permet de ralentir les choses quand ça s’enflamme. Grâce à lui et Max, qui a aussi atteint ce niveau de sérénité, les joueurs les plus jeunes ressentent moins la pression. Les gens me demandent toujours à quel point cela a été difficile pour moi de recuter Nicolas, et la vérité est que cela a été très simple car il n’envisageait de venir qu’ici étant donné que sa sœur est passée par-là. Ses parents l’ont poussé à faire des études et c’est pour cela qu’il s’est retrouvé ici (OSU est réputée pour avoir à la fois un excellent programme académique et de bons programmes sportifs dans certains sports, NDLR). Sans doute l’une des recrues les plus faciles en 32 ans à la tête de l’équipe.

 

Programme :

  • 6pm (minuit en France) : 1ère demi-finale entre Long Beach et BYU
  • 8pm (2h du mat’ en France) : 2e demi-finale entre Hawaii et Ohio


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