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Pornichet promeut le volley

Alors que se déroulaient dans un relatif anonymat les finales du championnat de France de 2×2 à Saint-Quay-Portrieux, le tournoi de 3×3 de Pornichet battait son plein devant une foule de connaisseurs et de néophytes.

Tournoi

Haie d'honneur avant les finales des Masters


Le 3 août 2015

 

Quoi de mieux qu’une organisation aux petits oignons, qu’une plage centrale où les badauds affluent, qu’un plateau extrêmement relevé pour offrir aux yeux ébahis une image reluisante du volley-ball ? L’idée du présent papier n’est pas de glorifier le 3×3 au détriment du 2×2 mais de réfléchir sur la portée des deux disciplines, qui n’ont rien à voir à nos yeux, sur notre sport. En effet, force est de constater que le peu d’étapes du championnat de France de 2×2 contraste avec l’abondance de tournois de 3×3 en France. Quand la première formule est plutôt élitiste (nombreuses sont les paires à faire le déplacement, à payer leur inscription, puis à rentrer chez eux après une ou deux défaites), l’autre est démocratique (tous âges, tous niveaux) et pléthorique (l’offre de tournois de 3×3 n’a jamais été aussi grande et éparse en France). Le tournoi de Pornichet, qui s’est déroulé sur toute une semaine, en est la preuve.

Des tournois pour tous

Organisé par quelques figures connues, dont Hubert Henno ou encore Gilles Gosselin, et un grand nombre de bénévoles, sans qui rien ne serait envisageable, sans oublier le président Jean-Yves Lehay, le tournoi propose tout au long de la semaine différentes formules : jeunes, vétérans, Ker Beach, mixte, masters, open. Impossible pour vous de ne pas y trouver votre bonheur, quels que soient votre âge et votre niveau. De plus, les conditions sont des plus optimales : sable de qualité, situation géographique privilégiée, structures irréprochables. Pour accompagner cela, de nombreux speakers, dont Philippe Lagisquet, Fabrice Kolsky ou encore Fred Guermeur, au fait des moindres détails sur les joueuses et joueurs, ambiancent les parties. Entre deux matches, nous estimons à deux sur trois les participants qui se dirigent vers la buvette tant celle-ci est active, qualitative et abordable. Derrière les fourneaux, on aperçoit les bénévoles qui se donnent du mal d’année en année à produire des « croques », la spécialité de l’APPVB (l’association pornichétine pour la promotion du volley-ball), toujours aussi délicieux. La qualité et la diversité des produits dérivés ravit les participants. La semaine se ponctue par un dernier tournoi, unique en son genre, qui ne désigne ni vainqueur ni perdant ; il propose simplement aux familles de jouer ensemble pour le plaisir du volley.

Open

Quid des masters ?

Eté après été, chacun y va de sa remarque : « je crois vraiment que ça n’a jamais été aussi relevé que cette année ». Même s’il convient de ne pas oublier les champions des années précédentes, nous pouvons affirmer que cette édition fut une des plus belles et disputées. Chez les dames, la triplette Castelli/Gemise-Fareau/Reb a créé une petite sensation en venant à bout des favorites Hamzaoui/Giordano/Menara en finale. Félicia, alias Sushi, avait tout remporté ou presque cette saison, et ce sont ses partenaires lors du tournoi des Catalans qui ont mis un terme à son hégémonie sur l’été 2015. Une triplette hollandaise, dont la joueuse de Saint-Cloud Flore Gravesteijn, a complété le podium.

Chez les hommes, la bataille fut rude dès le premier jour, laissant Ribletsquelques trios sur le carreau : Jérôme Corda et Ricardo Martinez, vainqueurs du tournoi de Marseille, ne se qualifieront pas dans les huit, pas plus que Maxime Godefroy, déjà vainqueur ici, ou encore les compères du Plessis-Robinson. Le lendemain, un tableau beach mettait aux prises les huit meilleures triplettes desquelles se sont détachées quatre têtes de série : Grebennikov/Marion/Cantamessi, Tuitoga/Walgenwitz/Clévenot, Jaumel/Henno/Geiler et Corre/Riblet/Riblet. À l’issue d’une finale palpitante et de haut niveau, les frères Riblet, associés au récent vainqueur des Estivales, font la passe de trois à Pornichet.

Profiter de l’événement

Raphaël Corre, Philippe Tuitoga, Baptiste Geiler, Hubert Henno, Yoann Jaumel, Trevor Clévenot et Jénia Grebennikov, tous membres de l’équipe de France plus ou moins élargie, se sont prêtés au jeu des autographes. C’est là aussi tout le génie des organisateurs : parvenir à attirer, chaque année, des « noms » qui vendent le sport, et quoi de mieux que trois vainqueurs de la Ligue Mondiale un mois auparavant.Autographes La file d’attente pour faire signer son poster est aussi fournie que le public amassé sous un soleil de plomb pour assister aux derniers matches des finales. Combien, parmi ces personnes, ne connaissaient rien ou presque au volley-ball ? Qui, parmi eux, aimeraient s’y essayer ou reprendre ?

La force de cet événement est telle que la fédération française de volley ferait sans doute mieux de s’y associer pour accueillir de nouveaux licenciés. Imaginons un stand Je me (re)mets au volley avec une liste des clubs de France, les différents niveaux, quelques jeux de détente, de puissance ou de précision… Au lieu de cela, la FFVB préfère mettre ses derniers deniers dans une compétition de beach exsangue, jadis plus relevée et enthousiasmante, d’où elle espère tirer les prochains hypothétiques qualifiés olympiques. D’aucuns avanceront qu’il est de son devoir de promouvoir le 2×2 vu l’officialité de ce sport, mais à la rédac, nous avons quelques réserves. Loin de nous l’idée de diminuer les performances des beacheurs, de remettre en cause « l’obligation relative » de la fédé de s’y investir, de dénigrer la formation française de 2×2 (qui prépare indéniablement moins au 6×6 que le 3×3), d’atténuer l’implication de certains bénévoles et de quelques communes pour ce sport, mais après cet énième tournoi de démonstration, les bienfaits du 3×3 nous paraissent indispensables à la promotion de notre sport tant ils sont porteurs en termes de formation technique, de renforcement mental et de visibilité esthétique. Mathilde Giordano et Eva Hamzaoui ont préféré le 3×3 cet été. Tom et Robin Riblet n’ont jamais songé au 2×2. Et vous, qu’en pensez-vous ?

La rédaction

Crédits photos : APPVB



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