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Superconfidences

L’année dernière, la supercoupe féminine n’existait pas et la masculine s’était jouée en présaison chez l’un des deux prétendants. En ce 22 décembre 2015, la LNV a voulu faire un événement à la hauteur des finales de championnat ou de coupe de France en réunissant dames et messieurs, sauf que…

Ligues Pro

Des Supercoupes dans le secret


Le 23 décembre 2015

 

Reproduire la victoire du Cannet sur Cannes

En ce début de saison 2015-2016, l’affiche entre un Cannet dans les abysses du classement et un Cannes loin d’être invincible ne faisait pas aussi envie que celle de l’an dernier en finale de coupe de France. Ainsi, les foules étaient moins nombreuses, les supporters des deux équipes restés skier sur la Côte, et le niveau de jeu absent, lui aussi. Comment expliquer qu’Elisabeth Fedele, révélation explosive de l’an dernier, impressionnante et leader, soit devenue cette année l’ombre d’elle-même avec un piètre 6 sur 35 à l’attaque (17%) ? Comment excuser, chez l’équipe adverse, les telles erreurs de recrutement cet été à la suite du départ de l’emblématique capitaine, devenue depuis insipide intervieweuse, qui ont engendré les défaites que l’on connaît ? À celles-ci s’est ajoutée celle d’hier, 15-13 au tie-break, comme une pièce émoussée que l’on jette en l’air et qui ne tombe plus du côté habituel.

Le match

Sur les quatorze joueuses titulaires, seules trois Françaises, sans compter les entraîneurs, eux aussi étrangers. Une explication à l’inexistence de l’équipe de France féminine ? Passons. La rencontre a démarré à l’avantage des Cannoises, plus à leurs aises dans cette salle de gala (6-1), qui conservent leur avantage initial pour s’imposer 25-18. On se dit que ça va virer à la correctionnelle, mais pas du tout. Des duels : Martinez vs Sanchez au centre, et surtout les deux pointues qui attaquaient sur toutes les positions, à savoir Kodola et Savenchuk (MVP). 112 ballons à elles deux, 50 points, autant dire que les autres joueuses ont presque toutes joué libéro. Les autres manches, elles, furent accrochées, et se sont résumées spirituellement à un duel entre les deux autres centrales, Kloster, qui au-delà de mettre des boîtes (6) défendait comme jamais, et Zambelli, la capitaine cannetane, qui désirait ce titre encore plus que son président de club. C’est finalement l’Italienne qui, appelant la balle de match en basket, conclut et s’effondre de bonheur, presque jusqu’à en pleurer d’émotion.

Un Tours-Paris pas comme les autres

Des joueurs fatigués, des spectateurs excusés, un trophée à soulever… Que se passe-t-il dans la tête des acteurs de ce match, dont l’esprit de certains est déjà au TQO, pour se battre un mardi 22 décembre ? Le professionnalisme. Que se passe-t-il dans celle des organisateurs, dont l’esprit est [Alerte enlèvement : Le bon sens d’Hélène Vez a disparu. Si vous le retrouvez, merci d’appeler le numéro qui s’affiche au bas de votre écran], au moment de planifier ce rendez-vous ? L’opposé. Certes, Coubertin est fait pour recevoir du volley et au niveau de l’animation, cela commence à ressembler à quelque chose, mais les joueurs de ces deux équipes jouent tous les trois jours depuis le début de l’année, les risques de blessures (Bahov, puis Jaumel, après sept points joués, ont manqué de l’être) sont élevés, et l’intérêt de la supercoupe n’est malheureusement pas encore établi. Pas de meilleure date ? Alors pas de supercoupe. De plus, aucune coupe d’Europe à la clé. C’est dommage parce que cette belle (avant le match d’hier, 3-3 au nombre de victoire entre Paris et Tours) aurait pu être alléchante.

Cupkovic pour suppléer Konecny

Des imprécisions en réception (43% pour White, 24% pour Bahov), au service (9 services ratés sur 17 pour Gasparini, donc, plus que jamais, ses coéquipiers jetaient une pièce à chaque fois que ce dernier se présentait sur la ligne de fond), et à la passe (pas de stats, mais croyez-nous, il y en a eu). Quand le volley n’est pas beau, c’est l’envie et l’énergie qui font la différence. Les Parisiens, privés presque totalement de l’ancien Tourangeau Nicholas Hoag, n’ont pas démérité mais les hommes de Vital Heynen, qui prend ses marques avec un premier titre, ont su appuyer là où ça fait mal sous l’impulsion du Serbe. Cupkovic finit à +16 à 58% à l’attaque, pendant que le capitaine était dans un mauvais jour. De son côté, Dorian Rougeyron a procédé à des changements systématiques en fin de set (Kaba au bloc, Hoag et Walgenwitz au service) qui ont porté leurs fruits deux fois, dont une s’est soldée par la victoire du set. Les champions de France s’imposent 3-1 aux alentours de minuit, sous les yeux d’irréductibles passionnés anonymes, car il fallait bien de la passion pour rester jusqu’au bout de cette nuit sans pareille et, on l’espère, unique.

Recharger les batteries

En cette période de célébrations qui arrive, souhaitons du repos à tous ceux qui font de ce sport notre drogue, à commencer par les arbitres qui en ont autant besoin que les joueurs. Nous n’épiloguerons pas sur leurs prestations d’hier, mais que ce soit la balle touchée non vue à 23-23 dans le troisième set de la finale féminine, ou les compensations insupportables dans la finale masculine, nous gageons qu’ils peuvent mieux faire. Que les joueuses et joueurs non concernés par les TQO profitent de ces jours de congés pour revenir meilleurs et plus déterminés que jamais afin de produire du volley de qualité. Que les dirigeants soient intelligents dans leur gestion humaine pour obtenir les résultats escomptés. Et enfin que les médias, qui étaient assez nombreux hier soir pour relayer la confidence de ces Supercoupes, gardent leurs forces pour éclairer les moments fastes de l’année à venir, à commencer par un certain tournoi en Allemagne à partir du 5 janvier. Joyeuses fêtes et vive le volley !

 

Réactions

Marina Zambelli : « Cette victoire fait du bien car le début de saison a été très difficile pour nous. Avec ce titre, on montre que l’on sait jouer, je suis trop contente. Ce n’est jamais facile de gagner contre Cannes, on a perdu la finale du championnat l’année dernière de la même façon. Je voulais absolument attaquer le dernier ballon parce que j’étais à fond aujourd’hui, je voulais la coupe et voilà. Beaucoup d’émotion personnelle car on avait besoin de cette victoire. »

Adam White : « On arrive à un moment de l’année où tout le monde est fatigué et ça se joue au mental. Il faut s’emparer de la moindre occasion pour marquer, on l’a fait en partie, mais parfois on a eu du mal. Les Parisiens m’ont beaucoup servi dessus mais j’aime ça, ça m’a mis dans le match. Faudra qu’on continue de travailler pour élever notre niveau lors de la deuxième partie de saison, on a beaucoup d’ambition. »

Konstantin Cupkovic : « David, c’est une légende. Toutes les légendes ont droit à un temps mort. Il mérite un respect sans pareil pour tout ce qu’il fait dans l’équipe au-delà de mettre les ballons par terre. Tout comme Mauricio qui a énormément apporté pendant son passage ici. Certes j’ai un peu pris le relai ce soir au niveau de l’attaque mais c’est un travail collectif, je sais pourquoi je suis venu à Tours, je veux faire quelque chose en Ligue des Champions. »

Yoann Jaumel : « David est revenu blessé de la sélection nationale, donc je me suis plus reposé sur Cupko, sur le centre et en pipe. Cette Supercoupe, c’est un titre, ça fait toujours plaisir, ça vient récompenser le travail depuis le début. Je crois qu’il n’y a eu qu’une seule semaine où on n’a pas joué trois fois, c’est peut-être trop. C’est vrai que l’entraîneur me parle beaucoup, surtout de tactique ; j’ai la chance d’avoir eu deux entraîneurs qui sont d’anciens passeurs donc ça m’aide énormément. On espère un tirage favorable en LdC, même si on n’est pas mathématiquement qualifiés, pour envisager la suite avec ambition. »



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