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Tous patRiotes devant ce tRiomphe

Une fête nationale avec quelques heures de décalage horaire : voilà le feu d’artifice que nous ont offert nos Français hier soir à Rio.

Eq. de France France Bresil World League Volley-Ball 2015

Crédit photo : FIVB


Le 16 juillet 2015

 

L’équipe de France fut, sur la lignée de son été remarquable, excellente hier soir. Face à une équipe du Brésil presque au complet (Wallace absent) et devant un public dont le volley est le sport national, elle a de nouveau prouvé à qui en doutait qu’elle avait le niveau pour rivaliser avec n’importe qui, qu’elle était là pour les millions et qu’elle sera de retour l’été prochain pour l’or olympique. À la rédac, nous avons vibré pendant deux heures devant ce match de titans, et à la lecture des réseaux sociaux, nous n’avons pas été les seuls. Nous nous sommes donc imaginé un déroulé de la journée du 15 juillet 2015 partout dans le monde, avec des personnages plus ou moins fictifs…

Aéroport international de Rio de Janeiro-Galeão, Brésil, aux alentours de 4h.

Après deux escales, ils sont enfin arrivés. Prêts à enfin en découdre avec le gratin du volley mondial, un public de feu et les challenges. Ils sont si prêts qu’ils ont anticipé la potentielle perte de bagages, qui s’est bel et bien produite, en gardant l’essentiel (maillots, passeports, genouillères) avec eux. Les mines sont fatiguées mais concentrées ; dans tout ce désordre, deux mois par monts et par vaux, ils gardent le cap, à l’image de leur capitaine Benjamin.

Chez Stéphane, Brésil, 9h30.

Cela fait un mois qu’il attend cela avec impatience. Stéphane vit au Brésil depuis deux ans avec sa compagne, elle aussi française. Ils sont partis vivre ici pour la beauté des paysages et l’air chaud, sans oublier les sourires qu’ils croisent tous les jours. Ce matin, ils prennent leur petit-déjeuner avec Valentin et Laure, deux autres amoureux du volley. Ils ont acheté leur billet longtemps à l’avance, sûrs du destin des Bleus. Et ils ont eu raison d’y croire : ils feront partie des seuls Français à avoir l’apanage de les supporter à Rio.

Choisy-le-Roi, France, 10h.

Au siège de la FFVB, les élus se réjouissent et les administratifs ont du travail. Gérer les équipements, les déplacements, les supporters, les dirigeants… Tout le monde veut participer à la fête. Mais tout le monde reste bien conscient du chemin qu’il reste à parcourir. Certains doutent même de la capacité de l’équipe sénior masculine à aller au bout de ce Final 6 tant la marche est haute à gravir. Mais dans une année difficile, ces moments-là sont bons à prendre. L’occasion notamment de renforcer la communication et parfaire la promotion de notre sport.

Castelnau le Lez, France, vers 11h.

Pratiquement une page entière dans l’Equipe, c’est ce que remarque José, le gardien du gymnase où s’entraîne le CNVB pendant l’année et où l’équipe de France est passée plusieurs fois pendant l’été afin de se préparer aux échéances actuelles. C’est dans ces moments-là qu’il se dit que son travail a un sens, que ces gars qu’il a côtoyés sont en train de faire quelque chose de grand et que de là où il est, il les supportera. « Les hommes de Rio auront-ils récupéré ? » Il n’en doute pas, vu comment ils ont travaillé.

Joué-lès-Tours, France, 13h40.

Au club des supporters de l’équipe de France, ça s’active. Les passionnés s’affairent pour l’événement tant attendu, tout en caressant l’espoir qu’il ne sera qu’une étape sur la course au graal. Drapeaux, maquillage, organisation, tout est en place pour regarder le match ensemble et vibrer à l’unisson ce soir chez Abdel. Dans cette ville proche de celle championne de France, ils seront nombreux à frémir de manière isolée, faisant une fois de plus rimer volley et sport local, mais ils ne seront pas les seuls en France.

Partout, Facebook et Twitter, entre 14h et 15h.

Les statuts volley-ballistiques commencent à fleurir. Entre les « Qui a un lien pour regarder le match ? » et la dernière vidéo des highlights d’Earvin, ça sent bon le grand jour. Un lien de la FIVB est partagé à qui mieux mieux, celui qui attribue officieusement le titre d’équipe la plus cool à notre team Yavbou. Il n’en fallait pas plus pour surmotiver nos héros qui vont à nouveau montrer à la planète volley à quel point ils ont progressé et appris de leurs échecs passés.

Saint-Jean-d’Illac, France, 18h15.

À moins d’une heure du coup d’envoi, Elisabeth, l’hôte, a mis les petits plats dans les grands. À commencer par l’écran, 117 centimètres de bonheur pour une soirée de chaleurs. Les convives arrivent petit à petit, seul Alexandre arrivera avec du retard mais le compensera comme d’habitude par une excitation démesurée. Ils étaient déjà tous là pour le match contre la Bulgarie, qui s’était soldé par une victoire 3-0, alors ils se disent que ce soir, rien ne peut leur arriver.

Rio de Janeiro, Brésil, 18h50 (heure française).

Les gladiateurs sont dans l’arène. Après avoir essayé de plafonner le Maracanazinho en vain, ils se mettent dans leur match. En tête, les différentes consignes que tout le staff leur a prodiguées. Quelles options au bloc, quelles zones au service, quel schéma à l’attaque. Une mécanique qui fait écho à la chorégraphie millimétrée de chaque photo d’équipe : Kévin Le Roux et ses 2m09 sera mu en Corcovado pour celle-ci, les autres membres restant sereins à ses pieds ; un « (dés)ordre et progrès » à la française. Certains y verront de la provocation, nous y voyons une cohésion. Un groupe déterminé et conditionné pour gagner.

Pont-à-Mousson, France, 19h26.

Les Français sauvent une cinquième balle de set. Evariste et sa femme ne respirent plus. Les commentateurs de beIN sont dans leur match ce soir, ils transcrivent parfaitement l’état d’excitation que revêt cette rencontre. Et la brutalité des deux contres successifs de Murilo, meilleur joueur du monde il n’y a pas si longtemps, viennent climatiser leur cabine de commentateur dans leurs studios franciliens. Evariste a besoin d’une bière. Il pensait que les Bleus, après être revenus de 16-10 à 24-24, engrangeraient ce premier set ; mais non. C’est la Ligue Mondiale, niveau 1.

Dar es Salaam, Tanzanie, 20h09 (heure française).

Louise est surexcitée. Cette Française a réussi à capter un signal suffisamment bon pour regarder ce match en direct et en streaming sans trop de décalage. Elle a converti ses amis à ce sport peu connu là-bas afin de partager son enthousiasme. À l’heure qu’il est, les deux équipes sont à égalité et elle ne doute pas que la France va arracher ce troisième set tant ils jouent bien. Elle n’a qu’une envie, prendre un ballon et faire des passes devant son écran d’ordi. Elle est au soutien, comme des milliers de supporters bleus à travers le monde.

Rio de Janeiro, Brésil, 20h40 (heure française).

Pascal se ronge les ongles, Luc tape sur sa plaquette et Arnaud sur son clavier. Le staff de l’équipe de France est en ébullition. Laurent redit à Earvin toute l’importance de l’entraide au centre face à Lucas. Enième balle de set. Après une défense de KT, KLR s’engage à fond sur la fixe. Le réalisateur se plaît à montrer ce point de derrière le terrain. On voit alors bien Klima qui saute à fond lui aussi sur cette courte avant et qui éteint une nouvelle fois les ardeurs brésiliennes. France 2, Brésil 1.

Conway, South Carolina, USA, 20h50 (heure française).

Gaspard est parti vivre le rêve américain quelques jours afin d’apporter sa science, et avec lui l’école française, aux summer camps étatsuniens. Il s’émerveille devant les moyens mis en œuvre, la popularité de ce sport et le professionnalisme des personnels. Néanmoins, il sait qu’il leur manque quelque chose, cette petite touche de remise en question, ce je-ne-sais-quoi de désobéissance, ce grain de folie. À quelque 7 400 km de là (ou 4 600 miles pour rester couleurs locales), l’équipe fanion de son pays est en train d’écrire son histoire. Il est environ 15h, il est en plein entraînement, mais il garde un œil sur le live score. Les Bleus mènent…

Rio de Janeiro, Brésil, 20h40 (heure française).

Deux heures de jeu. C’est le moment qu’a choisi Kévin Le Roux pour prendre les choses à son compte. Lui à qui Laurent Tillie a visiblement donné carte blanche au service depuis le début de la compétition, alternant fautes et aces, a choisi de plier la rencontre. La faute d’arbitrage quelques minutes auparavant le transforme en machine à points, 9m derrière le filet digital utilisé pour la première fois en compétition officielle. Trois services gagnants et les Français s’envolent dans le ciel de Rio, ils ne seront pas rejoints.

Le Plessis-Robinson, France, 21h07.

Ça y est, ils l’ont fait. Cécile, Clémence, Raphaël et Sylvain s’étaient réunis entre connaisseurs pour assister à cette rencontre, qui demeure selon eux un simple premier match de poule. Malgré tout, ils ont vibré devant tant de combativité et de talent. Ils seront encore là vendredi soir pour disserter sur la titularisation d’untel, pour argumenter sur la nécessité de la vidéo, pour cracher sur l’arbitrage, pour conjecturer sur l’été prochain, et surtout pour soutenir cette team Yavbou qui nous fait rêver. En attendant, retour à la réalité et au boulot, pour certains !

Au-delà de cette émotion palpable aux quatre coins du globe, nous retiendrons un travail bien fait, une préparation adéquate qui a permis aux Bleus de triompher. Jenia fut impeccable en réception (et comme toujours bluffant en défense), ce qui a permis à Totti de jouer sur toute la largeur du filet. Nos centraux ont tenu la dragée haute à ceux qui les avaient punis il y a moins d’un an. Nos ailiers furent percutants, décisifs et créatifs, à l’image d’un Earvin toujours plus inventif. De l’autre côté, les passeurs se sont succédé alors que les pointus étaient à la peine. Se sont-ils assez appuyé sur les centraux et les réceptionneurs-attaquants ? Gageons qu’ils ne feront pas les mêmes erreurs si nous les retrouvons plus tard dans la compétition. Mais en attendant, savourons…



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