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Tristan Martin et Narbonne en 7 points

Après son premier match contre Tourcoing à la tête de l'équipe de Narbonne, Tristan Martin et son collectif s’apprêtent à défier Cannes, leader invaincu, dans son antre du Palais des Victoires (qui porte de fait bien son nom). Pour justVolley, le nouveau coach narbonnais revient sur sa récente prise de fonction au sein de son club de cœur

Ligues Pro Narbonne Volley

Tristan Martin au temps mort (Photo Narbonne Volley)


Le 4 décembre 2014

 

Lundi 24 novembre, milieu d’après-midi, Narbonne annonce par communiqué que le club se sépare de son entraîneur belge Claudio Gewehr. Evénement plutôt rare dans le monde du volley, surtout après 7 journées. La raison invoquée dans le communiqué : absence de résultats. Avec une seule victoire en huit matches, il est vrai que le bilan du technicien belge n’était pas flamboyant. Il est aussi vrai que les défaites contre Alès (Ligue B) en coupe de France et Saint-Nazaire, très diminué, en championnat ont fait mal au mental. Cependant, il y a des circonstances : les blessures de deux cadres, Falasca (pointu) et Diaz (attaquant-réceptionneur), le retour tardif à la compétition du central Miraglia, un effectif renouvelé à 90%…

Alors, comme dirait Bernard de la Villardière : « Pourquoi ce départ précipité ? Qui va assurer la suite ? Nous avons enquêté, pour vous… » (pas de drogue, ni de prostitution, just du volley ici…).

Les clés du camion sont donc confiées à Tristan Martin, « The adjoint » de Gewehr en début de saison, mais également de Medei les précédentes. En outre, Tristan (Tonje pour les intimes) est l’entraîneur en chef du centre de formation (1er de Nationale 2), et personnage incontournable du club depuis son arrivée en tant que joueur en 1997.

Entretien privé avec le coach narbonnais pour un tour d’horizon de la situation des Centurions, mais SURTOUT pour un décryptage des deux questions qui taraudent nos fans de volley : Pourquoi Gewehr n’est-il plus au club ? Pourquoi Tristan Martin est-il revenu aux affaires ?

Un changement de coach à la 7ème journée, 7ème saison de Narbonne dans l’élite ; un bilan en 7 points s’impose donc.

1. La communication

« Le groupe a lâché Gewehr. » Nous ne connaîtrons pas les raisons des problèmes de communications entre l’ex-entraîneur et le groupe, mais selon Martin, « le message ne passait plus ». Certaines personnes commençaient à le sentir, et Gewehr lui-même s’en est rendu compte… trop tard.

2. Le choix Martin, pourquoi lui?

2012, Jean-Marc Biasio est débarqué en cours de saison de son poste d’entraîneur. Tristan Martin, alors adjoint, devait assurer un bref intérim. Intérim qui sera bien plus long que prévu, puisqu’il gardera les rennes de l’équipe jusqu’à la fin de la saison… avec succès puisqu’il sauva le club de la relégation.

Été 2014. Après deux saisons auprès du technicien italien Giampaolo Medei (aujourd’hui à Beauvais), Tristan Martin postule pour le poste d’entraîneur, qui sera finalement confié à Claudio Gewehr.

Novembre 2014. Claudio Gewehr fait ses valises. Martin, qui a « installé une certaine forme de complicité et une relation de confiance avec les joueurs » , présente un profil idéal pour prendre sa suite. La direction sportive composée de Michel Mandrou (manager) et de Jérémy Ribourel (président), entérinent naturellement la cause, et valident Tristan Martin comme Headcoach. Après deux saisons complètes passées aux côtés de Medei, « un entraîneur à l’italienne, avec une énorme culture tactique » et quelques mois aux côtés de Gewehr « un formateur dans l’âme », Tristan devra créer une identité de jeu en apportant sa touche personnelle au groupe.

3. Le groupe narbonnais

Un groupe avec beaucoup de caractère et de fortes individualités. Le staff technique a participé de façon collégiale au recrutement, même si Claudio Gewehr validait à la fin les choix de joueurs. Martin tient à préciser que le staff « a confiance et croit en ce groupe » et souhaite que la réciproque soit valable.

Les blessures de début de saison n’ont pas épargné cette équipe. Guilhermo Falasca, le canonnier ibérique, devrait reprendre d’ici deux à trois semaines au mieux. Jhon Wendt, qui assure l’intérim à la pointe et qui fait un début de saison « étonnant pour quelqu’un de son âge » pourra alors endosser le rôle de joker de luxe : « On l’a pris pour son double profil, il peut jouer au centre comme à la pointe. » Le retour de Diaz apporte également « au service et dans la tête, il amène son expérience et son état d’esprit » .

Dernière petite surprise, ce soir sera le dernier match du réceptionneur-attaquant américain Dejno (retour aux US pour raisons personnelles…) qui sera remplacé par Alen Djordjevič, slovène et compatriote du passeur Vincic, en provenance de Serie A2 italienne, qui s’entraîne déjà avec le groupe depuis 3 semaines. N’ayant pas plus d’informations à ce sujet, nous laisserons votre imagination prendre le relais…

4. Un nouvel adjoint ?

Jusqu’à la fin de la saison, ce poste sera assuré par Michel Mandrou, actuel manager du club et ex-entraîneur de l’équipe phare. Narbonne recherche toutefois un nouvel entraîneur pour le centre de formation.

5. Le début de saison

Malgré les blessures et les défaites, Narbonne est tout de même allé prendre des points à l’extérieur (défaites 3-2 à Chaumont et à Beauvais) et quelques points à domicile (défaite 2-3 face à Paris, victoire 3-0 sur Toulouse, et 3-0 contre Tourcoing avec Martin aux commandes). « Le groupe a bien réagi contre la lanterne rouge Tourcoing, et a semblé plus serein, relâché et appliqué dans son approche du match, notamment sur la fin du 3ème set, où il n’a pas paniqué malgré le score serré » .

6. Les axes de travail

« Les points forts aujourd’hui sont le collectif et le side-out car nous avons de la qualité en réception. Les joueurs doivent néanmoins se rassurer dans un système, retrouver des certitudes dans le jeu et travailler sur le service/block/def où l’on peut encore beaucoup progresser » .

Conforter les joueurs dans un système, et donc des messages à faire passer. Le nouveau technicien narbonnais, qui se définit comme une personne fonctionnant à « l’affect » , a bien conscience de l’évolution de son rôle et de ses rapports avec le groupe dans sa nouvelle prise de fonction pour y avoir déjà goûté.

7. La suite

« Personne n’est à l’abri de rien. » Dans ce championnat où le rythme est élevé, et où certaines équipes jouent tous les trois jours « tout le monde peut prendre des points n’importe où » , à l’image de Lyon qui est allé battre Ajaccio en Corse. Donc même si le calendrier narbonnais parait compliqué (déplacement à Cannes et à Ajaccio, réception de Lyon et de Tours), le nouvel entraîneur pense que tout est possible.

Concernant les objectifs, il faudra faire « un bilan à la trêve et voir où en est l’équipe. Aujourd’hui, le projet du club est à redéfinir, et va mûrir » .

 

Pompier de service cette année encore, à l’image d’un José Anigo à Marseille rappelé maintes fois par Manpower en intérim, le nouvel entraîneur narbonnais sera-t-il encore une fois là, juste pour éteindre le feu ?

Sera-t-il confirmé comme commandant en chef du bateau narbonnais la saison prochaine?

Alors Tristan, toi qui as régalé notre jeunesse de tes passes lumineuses… et des tes phrases incompréhensibles marmonnées aux temps morts, justVolley te souhaite bon vent !

Comme dirait un vieux sage mexicain de Veracruz :
« Un entraîneur est un phare, qui n’est pas là pour éblouir, mais pour éclairer ses joueurs ».
Martin semble l’avoir bien compris…



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