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Une victoire et des questions

Les Bleus sont-ils capables de remporter les championnats du monde ?


Le 3 septembre 2018

Les Français achèvent leur préparation aux championnats du monde par une victoire 3-2 contre la Serbie, à Paris, après avoir perdu 4-2 contre les Pays-Bas puis gagné 4-0, à Montpellier et Sète, après avoir cédé contre la Russie (3-1) et la Pologne (3-2), puis gagné contre le Canada (3-1) au mémorial Wagner en Pologne, et enfin après la courte défaite contre la même Serbie (3-2) quelques jours plus tôt à Charléty. Un bilan mitigé de trois victoires pour quatre défaites, dans cette courte période de prépa post-VNL où les Bleus avaient décroché l’argent en juillet. Plusieurs questions s’ouvrent avant les CDM qui débuteront le 9 septembre en Italie et Bulgarie.

Quelles leçons tirer de cette victoire contre la Serbie ?

Devant un public plutôt garni pour un tel match amical, les volleyeurs français ont su renverser un déficit de deux sets pour s’offrir un peu de confiance une semaine avant l’échéance. Lyneel, auteur de nombreux aces et malgré un passage à vide dans le premier set, a été désigné MVP à l’applaudimètre. Après le retour plutôt convenable de Boyer, Patry a apporté satisfaction du côté offensif. Brizard, excellent hier, se fait de plus en plus remarquer en tenant la dragée haute à Toniutti, son ami et concurrent à la passe, qui a fait notamment montre de toutes ses qualités au centre avec Le Goff en début de rencontre. Chinenyeze s’est révélé précieux dans le jeu au centre au moment où il a remplacé Le Roux, qui était plutôt en forme au service. Kevin Tillie a signé un de ses matches les plus complets. Grebennikov apporte toujours l’enthousiasme et la voix nécessaires à cette équipe de France en mutation après les blessures déclarées d’Earvin Ngapeth et Thibault Rossard. Du côté serbe, ça a tourné aussi, mais Kovacevic, à l’image de Lyneel avec un passage à vide en récep, a été l’homme sur lequel Grbic a pu se reposer.

Laurent Tillie analyse la rencontre ainsi : « Les Serbes ont bien servi au début mais on a tenu, on n’a rien lâché, ce qui fait qu’on a augmenté notre niveau de jeu et qu’eux se sont effondrés. Il fallait gagner coûte que coûte, se rappeler ce qu’était que de souffrir pour gagner car aucun match ne sera facile. On a beaucoup travaillé les attaques dans le bloc, les soutiens, les poussettes, les renversements depuis quinze jours et ça s’est vu ce soir. C’est un travail de patience important, car nous devons être plus malins que de vouloir juste montrer les gros bras qu’on n’a pas. ».

Nikola Grbic, coach de la Serbie, tire les conclusions suivantes : « Ce match m’a apporté la confirmation que si nous voulons battre une équipe comme la France, nous devons jouer comme dans les deux premiers sets, avec lucidité, agressivité et patience. Nous allons avoir besoin de maintenir une bonne approche pour chaque match des championnats du monde, car même si nous gagnons un match contre une grosse équipe, il faudra par exemple rester concentrés le lendemain contre une équipe a priori inférieure car c’est la clé de la victoire. ».

Quel est le contexte avant cette compétition majeure ?

Les championnats du monde ont lieu, à la différence de la VNL, tous les quatre ans. C’est une compétition qui a donc une importance comparable à celle des Jeux Olympiques, si l’on en juge par sa rareté et sa difficulté. En effet, c’est un véritable parcours du combattant qui attend les équipes qui iront au bout : une première poule « du matin » de six équipes, puis les quatre premiers de chaque poule sont qualifiés pour le tour suivant (poule de quatre nations), puis les premiers de chaque poule plus les deux meilleurs deuxièmes (en prenant en compte les résultats des deux premiers tours de poule) sont qualifiés pour le troisième tour, à savoir deux poules de trois équipes, qui débouchent sur deux demi-finales croisées.

Il y a quatre ans, la France avait terminé première de chaque tour de poule avant d’échouer au tie-break, épuisée, contre le Brésil en demi-finale, dans une compétition remportée finalement par la Pologne, pays hôte, entraînée par Stéphane Antiga. C’était un des premiers bons résultats de Laurent Tillie, qui avait confié que cette amère quatrième place (car les Français s’étaient inclinés 3-0 contre l’Allemagne pour le bronze) avait eu le mérite de booster les Français pour les échéances ultérieures qui, comme vous le savez, se sont concrétisées par un Euro et deux Ligues mondiales remportés. Cette année, après un échec en finale contre la Russie à la maison en VNL, Tillie devra donc gérer ses troupes dans une compétition qui peut exiger treize matches en trois semaines.

Ngapeth pourra-t-il jouer à 100% ?

Blessé aux abdominaux, le go-to player des Bleus fera évidemment le voyage en Italie et en Bulgarie, mais attention. Premièrement, nul ne sait exactement quand et s’il pourra jouer. La formule des CDM qui consiste à retenir tous les résultats pour les deux premiers tours est extrêmement exigeante, ainsi le staff ne pourra pas se permettre de conserver Earvin très longtemps. Il devra jouer dès qu’il s’en sentira capable, même s’il n’est pas complètement remis. Deuxièmement, souvenons-nous de l’Euro 2017 où la France avait été l’ombre d’elle-même, perdant avant les quarts dans un mauvais match de barrage contre les Tchèques, et où Earvin était largement diminué. Tillie n’avait pas su trouver de solution et avait subi son premier gros échec. Troisièmement, celui qui est peut-être actuellement deuxième dans la hiérarchie des réceptionneurs-attaquants, Thibault Rossard, est lui aussi blessé au dos, et le staff de l’équipe de France ne semble pas enclin à remplacer un de ces deux joueurs par un joker (Louati, par exemple, alors qu’on rappelle que Clévenot est toujours, lui aussi, blessé à l’épaule).

À leurs meilleurs niveaux, la France peut-elle battre la Russie ?

Ce fut un des enseignements de la VNL : la Russie était injouable. Grâce, notamment, au retour de Muserskiy, les joueurs de Sergey Shlyapnikov avaient affiché une sérénité et une puissance impressionnantes lors des finales à Lille, si bien que l’on a douté de la possibilité pour toute équipe de les battre. Mais la beauté du sport fait que tout est remis à zéro à l’orée de ces CDM, lorsque l’on sait que des équipes comme l’Italie, hôte focalisé sur la pleine préparation de cette compétition en raison de son absence en juillet, le Brésil, qui enregistre sans doute quelques retours de blessure, et la Pologne, tenante du titre, feront tout pour s’imposer fin septembre. Sans mentionner les Etats-Unis, la Serbie, la Bulgarie, l’Argentine, le Canada, la Chine ou encore Cuba. La France devra donc jouer à son tout meilleur niveau pour battre toutes ces équipes et l’ogre russe.

Quel est le programme ?

Tous les matches, a priori, seront diffusés sur la chaîne l’Equipe :

  • mercredi 12/09 à 13h : France vs Chine
  • jeudi 13/09 à 19h30 : France vs Brésil
  • vendredi 14/09 à 19h30 : France vs Egypte
  • dimanche 16/09 à 19h30 : France vs Pays-Bas
  • mardi 18/09 à 19h30 : France vs Canada

Pour information, le premier de cette poule croisera avec les deuxième et troisième de la poule A (Argentine, Belgique, République dominicaine, Italie, Japon, Slovénie), ainsi que le quatrième de la poule C (Australie, Cameroun, Russie, Serbie, Tunisie, USA).

Si la France est qualifiée pour le deuxième tour (donc dans les quatre premiers de sa poule), ce dernier aura lieu  sur trois jours (un match par jour) du vendredi 21 au dimanche 23 septembre.

Enfin, si les Bleus se hissent jusqu’au troisième tour de poule, il aura lieu du 26 au 28 septembre. La demi-finale sera le samedi 29 et la finale le dimanche 30 septembre.



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