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Volley-ball et études aux US – Partie 5/5 : Être joueur dans une college team

On en parle, on le compare, on le critique, on le fantasme… mais qu’est-ce donc que le système américain pour les jeunes sportifs, si méconnu chez nous ?


Le 11 septembre 2015

Pour finir ce dossier, voyons enfin ensemble comment se passe la vie d’un Student Athlete dans une college team.

Un staff aux petits oignons

Faire partie d’une équipe universitaire donne droit à quelques avantages…

Outre le fait non négligeable d’avoir sa scolarité payée pendant quatre années, l’Université alloue un budget d’environ 1 000 dollars par mois (le montant varie en fonction des universités) afin de couvrir les frais d’hébergement et de nourriture, tout en sachant que beaucoup de repas sont pris en équipe (pre-game meal, after meal) et pris en charge sur le budget des sports.

Lors de la reprise, les Student Athletes se voient remette un pack équipements de sport des plus complets. Il dépend toujours du budget de l’université, mais on retrouve plusieurs paires de chaussures, chaussettes, genouillères, shorts, t-shirts, maillots, survêtements, sweats, vestes, sac à dos, valise, etc… Ce premier jour est par ailleurs communément dénommé Christmas Day, tant les joueurs(euses) sont gâté(e)s !

Rajoutez à cela les déplacements fréquents en avion ou en sleeping bus très confortable.

L’amateurisme est une valeur à laquelle est TRÈS attaché le sport universitaire aux USA, mais entre tous ces défraiements, et même si l’argent n’est pas donné directement, il en est de même que pour nos professionnels européens qui doivent financer leurs études…

En retour, les Student Athletes doivent se montrer EXEMPLAIRES. Ils doivent en outre participer à des actions caritatives ou des événements promotionnels organisés par l’équipe et l’université.

Pour encadrer tout ça, pas moins de 8 personnes sont dédiées à une seule équipe. Pour exemple, le staff d’une équipe de volley-ball de Division 1 est composé de :

Headcoach : Entraineur en chef, responsable de la politique sportive de son équipe. Plus haut salaire du staff, mais aussi le plus exposé au licenciement en cas de mauvaises performances. Lors des entraînements, il est davantage dans l’observation, laissant le côté terrain à ses assistants. Il reçoit très régulièrement les joueuses pour des entretiens individuels.

Assistant coach 1 : Bras droit du headcoach, il se répartit avec l’autre assistant coach les ateliers, en se partageant les joueurs. Il a une part fondamentale dans le « scouting » pour le recrutement des futurs joueurs en allant observer des matches de lycée et de clubs.

Assistant coach 2 : Souvent un peu plus jeune que le 1er assistant, il s’occupe de gérer la logistique des déplacements (hébergement, transport, repas). Il prend également part au recrutement. Dans certaines universités n’ayant les moyens de passer par une société spécifique, il « code » les matchs pour l’analyse statistique.

Volunteer coach : Statut bénévole, il apporte son aide au staff dans divers domaines, en fonction de ses compétences. Il peut tout aussi bien prendre en charge des ateliers à l’entraînement, aider à décrypter les matchs ou assister la préparation physique. Dans la plupart des cas, il occupe un poste rémunéré de coach dans un lycée ou un club… dans l’attente de devenir un assistant coach en université.

Strength coach : Préparateur physique qui intervient plusieurs fois par semaine pour assurer la bonne forme physique des joueurs. Il réalise régulièrement des prises de performances pour mesurer l’évolution. Il participe aux phases de récupération.

Athletic trainer OU Physiotherapist : Il y a très souvent un kiné en chef, assisté de deux ou trois étudiants en dernière année. Le premier nommé est présent dès que l’équipe s’entraîne ou joue, à domicile, comme à l’extérieur.

Students managers : Deux étudiants bénévoles bénéficient des mêmes emplois du temps que les joueurs pour donner un coup de main à l’équipe lors des entraînements (ramassage des ballons, aide aux assistants coaches, vidéo, etc.) ou lors des matches.

En fonction de la taille des universités, vous pouvez ajouter à ces huit personnes un journaliste, une équipe marketing ainsi qu’un directeur des opérations volley-ball.

Et l’infrastructure ?

Pour contenir tout ce beau monde, il faut bien entendu de sacrées installations. Ça tombe bien, les USA sont réputés pour la qualité de leur infrastructure sportive et nul ne peut dire que cette réputation est usurpée. Chaque match se joue dans de magnifiques écrins au parquet (sur)lustré. Tout brille, comme si c’était neuf.

Au sein de leurs universités, les équipes bénéficient aussi de centres de kinésithérapie dernier cri. Un ou deux kinés suivent d’ailleurs au plus près chaque team lors des matches à domicile et en déplacement, mais aussi lors des entraînements au cours desquels ils sont présents de la première à la dernière minute.

Après l’entraînement, direction la salle de récupération, avec des ice baths ultra-modernes, où les joueurs s’immergent selon un protocole très spécifique.

Akron Volley-ball MusculationLa préparation physique n’est pas en reste avec des salles de musculation immenses avec des appareils adaptés à chaque mouvement.

Concernant l’entraînement proprement dit, la machine a remplacé l’homme puisqu’on retrouve bien évidemment une machine à servir, mais aussi une potence à ballons pour aller chercher haut à l’attaque ou encore un panier à réception lors des travaux de gammes en recep/défense.

Le high-tech se charge du reste puisque tous les entraînements de l’après-midi sont filmés, décryptés à partir de stats le lendemain matin et analysés individuellement et collectivement avec les joueuses.

Enfin, sur le terrain proprement dit, c’est l’avalanche de ballons puisque le coach et ses assistants disposent d’environ 10 caddies de 25 ballons… oui vous avez bien compté ; environ 250 ballons. De ce fait, lors d’un exercice de gammes, le nombre de ballons touchés avec la pause ramassage est très important !

Pour finir…

Pour finir, nous dirions que le système US est ce qui se fait de mieux pour conjuguer sport de haut niveau et études supérieures.

Les joueurs français et plus particulièrement les joueuses françaises qui tenteraient l’aventure auraient beaucoup d’avantages en comparaison avec le système français qui n’est pas autant adapté : l’obtention d’un diplôme américain, parler l’anglais couramment, vivre le sport de très haut niveau avec des moyens colossaux, des infrastructures de grande qualité, des équipements à la pointe, être la star du campus, jouer devant plus de 10 000 spectateurs (la plus grande affluence dans une salle française pour du volley doit être 4 500 personnes), pour enfin avoir la possibilité à 22 ans de revenir en France pour poursuivre une carrière professionnelle au volley-ball, ou ailleurs !



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