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Volley-balls

Au lieu de vous livrer une pâle analyse des finales LNV ayant eu lieu hier à Paris, nous avons décidé de les poser (les mots).


Le 10 mai 2015

 

Dix heures de volley et un constat : si nous avons avancé maintes fois qu’il s’agissait d’un sport de mental, nous devons nous rendre à l’évidence et regarder un mètre plus bas, même pour vous mesdames. Oui, nous en sommes désormais certains, sans cet organe innommable, pas de titre.

Une équipe niçoise qui en a été complètement dépourvue, venue pour participer à la reconstitution du dessin animé de superhéros scénarisé par Hélène Vez, sauf qu’ils n’ont visiblement pas lu la note de bas de page où ils étaient incités à se bagarrer préalablement au sens sportif du terme pour ne pas rentrer penauds.

Des Parisiens qui peinent encore à passer le stade de la puberté, à l’image de la crise d’ac(né)rimonie du jeune Bahov ou du boudage collectif lors de la troisième manche.

Ou encore la tremblote tétanisante que l’écolière ressent avant de réciter une poésie au moment où le Cannet avait toutes les occasions d’avoir la note parfaite.

Oui, le volley est un sport de balls.

Félicitations aux Nancéiens, deuxièmes de la saison régulière, venus expliquer à la LNV que la formule des play-offs était inutile vu que les deux premiers du classement montent. Les Lorrains, arrivés en patrons pour livrer un vrai match de volley, dangereux dans tous les secteurs, avec notamment un Fuahea stratosphérique, vaillants en défense et convertissant la plupart des ballons, ont validé une année solidement menée. Les retrouverons-nous en Ligue A pour autant ? Pas sûr si on en croit les bruits de couloirs faisant résonner les difficultés financières, les multiples transferts et les paroles en l’air. Quoi qu’il en advienne, chapeau messieurs, dont le mérite résulte davantage d’une saison remarquable que de cette victoire, certes importante, mais anecdotique.

Bravo aux Tourangeaux, proches de la correctionnelle mais fidèles à leur culture de la gagne, programmés pour triompher malgré les vents mauvais. D’aucuns les avaient enterrés, non seulement à la fin du quatrième set d’hier, mais au milieu d’une saison haletante. Certes, ils ont éprouvé des difficultés, mais jamais ils n’ont douté car les forces vives de chacun se sont rassemblées et que la formule le leur permettait (à savoir la possibilité de perdre plus d’un match sur trois en saison régulière tout en étant champion). Mention spéciale à M. Paes, conditionneur de vainqueurs, qui aura su emmener ses troupes vers un triplé.

Enfin, tous nos honneurs à Dame Ravva, exemplaire, qui a écrit hier la dernière ligne de sa riche histoire à la plume d’or. La victoire cannoise a été collective, tous les acteurs ayant eu dans un petit coin de leur tête, à 19-23 dans le 4e, que Vica ne pouvait pas partir comme ça. Alors les Azuréennes sont allées le chercher, ce dix-neuvième titre du club, asseyant un peu plus le RC Cannes sur le trône du volley féminin français, en faisant une institution, au même titre que les Celtics au basket ou que la Seleçao au foot, où le maillot dépasse n’importe quel individu qui le porte.

Mais revenons, s’il vous le voulez bien, une dernière fois sur le manque d’à-propos, de prise de risque, de conviction, appelez ça comme bon vous semble pour ne pas utiliser le c-word, lors du match Paris-Tours. Au moment où Paes fait entrer Hoag pour pallier l’énième absence d’Antonov, pourquoi cela n’a-t-il pas mis la puce à l’oreille de Rougeyron qui, lui aussi, dispose d’un titulaire potentiel sur son banc ? Comment, pris d’une fureur passagère contre l’arbitre, loin d’avoir été exempt de tout reproche certes, les Parisiens peuvent-ils en oublier à ce point qu’il a fait des bévues dans les deux sens d’une part, et qu’il reste un tie-break à jouer d’autre part ? Pourquoi, alors que chaque équipe dispose du même temps d’entraînement dans la salle de la finale, Konecny et Hoag ont su servir aux moments importants tandis que Gjorgiev et Kreek n’étaient pas aussi décisifs ?

L’année prochaine, nous espérons que les grands messieurs, les papas, les vieux sages sûrs d’eux, malgré l’arrivée d’un quasi-quarantenaire multi-titré dans les rangs tourangeaux en la personne de notre chroniqueur, seront présents dans toutes les équipes. Souvenez-vous, si le jeune (31 ans quand même, mais jeune dans la tête) Gonzalez avait donné la balle à Papa Nikolov en demi-finale, nous aurions sans doute eu une autre finale.

Pour finir sur une meilleure note, nous remercions les joueuses et les joueurs de nous avoir livré du spectacle hier, seuls garants du show annoncé par la LNV qui ferait bien d’aller s’inspirer aux Etats-Unis pour voir ce qu’il est possible de transposer tant la pauvreté du spectacle extra-sportif était désolante (et au passage, si elle a besoin d’idées pour ses interviews, qu’elle hésite pas à plagier ;p). À l’année prochaine pour un nouvel épisode encore plus excitant !

Note : Cet article ayant suscité de vives réactions, je tiens à souligner qu’il est à prendre au second degré, qu’il grossit le trait exprès, qu’il est caricatural à souhait dans la lignée de notre politique afin de provoquer des débats mais en aucun cas de manquer de respect à qui que ce soit. Si c’est le cas, je prie les Niçois, les Parisiens et les Cannetanes de m’excuser, car je respecte et admire les sportifs de haut niveau qu’ils sont et que je ne suis pas. J’écris, nous écrivons.                                                                                  Jérémy Arki



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