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Volley et études aux US – Partie 4/5 : FIVB vs NCAA, les différences

On en parle, on le compare, on le critique, on le fantasme… mais qu’est-ce donc que le système américain pour les jeunes sportifs, si méconnu chez nous ?


Le 4 septembre 2015

 

Nous l’avons vu dans les articles précédents, le système scolaire et sportif américain diffère de notre système français. Mais la NCAA, qui régit le sport universitaire US, a également apporté sa touche quant aux règles traditionnelles du volley-ball.

Des règles spécifiques 

Les règles de la NCAA volleyball diffèrent un tant soit peu de celles de la FIVB. Nous retrouvons principalement :

L’utilisation de ballons différents de marque MOLTEN, BADEN ou autres

La texture des premiers nommés est très différente de ceux que l’on retrouve en Europe ou ceux validés par la FIVB. Quelques semaines de manipulation sont nécessaires pour s’y habituer. Les MIKASA sont peu ou pas utilisés.

La possibilité pour le libéro de servir

Le libéro peut servir à la place d’un des centraux, mais pas des deux.

La continuité du jeu si le ballon touche le plafond (ou plutôt la box score)

Cette règle n’est applicable que lors de la première ou deuxième touche de balle, et uniquement si le ballon est au-dessus de son propre camp.

NB : la box score est la structure électronique accrochée au plafond et située à la verticale du filet, qui rend compte du match. Quatre écrans orientés vers les points cardinaux informent les spectateurs sur l’évolution du score, mais diffusent également des ralentis, des highlights des meilleurs actions, des bandes-annonces, publicités ainsi que quelques jeux humoristiques (smile camera, dance camera, ugly camera, moustache camera, kiss camera, etc.). Cela garantit une animation constante et une ambiance des plus chaudes à l’image de la NBA, NFL ou NHL.

La possibilité d’effectuer 12 changements par set

Contrairement aux 6 changements dans les règles FIVB.

Une formation différente

La règle des 12 changements par set apporte son lot conséquences à beaucoup de niveaux, par rapport à la pratique de notre sport en Europe, et notamment :

Une spécialisation extrême 

On retrouve une grosse spécialisation des joueurs et donc peu de polyvalence. En effet, certains postes 4 ne restent sur le terrain que pour les 3 positions avant. Ils sont ensuite remplacés par des Defensive Specialists (DS), sortes de libéros sans en avoir le statut.

Cette configuration est indirectement utilisée avec les règles FIVB lorsqu’un joueur spécialiste de la réception rentre sur un attaquant « 2ème pointe » pour soulager ce dernier. Toutefois, au regard des règles internationales, il ne peut le substituer qu’une seule fois, contrairement aux règles américaines.

Même situation pour lorsque certains pointus ne sont pas performant aux 3 mètres. Dans ce cas-là, ils sont remplacés par un DS, afin de privilégier un meilleur contrôle de balle pour, par exemple, multiplier les combinaisons avec les centraux.

De nouvelles organisations tactiques 

Nous retrouvons naturellement le système en 5-1, mais avoir recours à 12 changements autorise également la mise en place d’une nouvelle organisation tactique dénommée le 6/2.

En effet, lorsqu’une équipe possède dans son roster (effectif) deux passeurs de niveau équivalent ainsi que deux pointus, elle a la possibilité de se retrouver constamment avec trois attaquants avant.

C’est en quelque sorte le fameux changement double changement passeur/pointu, réalisé par certaines équipes en fin de set dans les compétitions FIVB… mais tout au long du match !

Certaines lacunes dans la formation des joueurs

La possibilité de réaliser 12 changements par set modifie quelque peu la formation des joueurs du fait de son ultra-spécialisation (point 1). On assiste en effet à d’excellents résultats sur un ou deux secteurs de jeu par poste, mais également à quelques dérives :

  • Certains centraux ne savent pas servir, tout du moins qualitativement, au sortir des 4 années universitaires
  • Certains postes 4 ne savent pas réceptionner ou attaquer en pipe
  • Certains pointus ne savent pas attaquer aux 3 mètres
  • Certains DS ne savent pas attaquer du tout

Des conséquences sur les carrières professionnelles

Il est important de préciser que lors des essais dans les clubs européens ou des try-outs expliqués dans les articles précédents, deux problématiques reviennent régulièrement pour les joueurs(euses) américain(e)s.

Premièrement, il est difficile pour ces derniers de s’adapter rapidement (le temps d’un entraînement ou d’un match d’exhibition) aux ballons utilisés, la texture étant très différente.

Dans un deuxième temps, au regard de leur spécialisation à outrance (points précédents) certains joueurs ne peuvent se faire recruter du fait de leurs lacunes dans d’autres secteurs de jeu.

Donner la chance à tout le monde

La ligue NCAA souhaite conserver cette règle particulière des 12 remplacements vis-à-vis des instances FIVB dans une mesure « d’inclusion », comme il est coutume de l’appeler là-bas.

En effet, autoriser 12 remplacements par set a permis au poste de Defensive Specialist (DS) de voir le jour. De fait, dans les rosters, ces postes sont le plus généralement occupés par des « petits » gabarits, comme ceux de libéros. Idem pour une équipe qui joue en 6/2, sans que les passeurs ne doivent bloquer.

Il y a donc la possibilité pour chaque joueur américain d’intégrer une équipe universitaire, quelle que soit sa morphologie, et en conséquence, d’obtenir une bourse pour financer ses études…

L’objectif de cette règle est donc là : mettre tout le monde à égalité, sans distinction morphologique.

La suite au prochain épisode, pour la dernière partie : Être joueur(euse) dans une college team.



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